PACS ou mariage ? En 2026, les deux formes d'union offrent la même fiscalité sur l'impôt sur le revenu, mais les différences restent majeures en matière de succession, de régime patrimonial et de protection du partenaire survivant. Choisir entre les deux n'est pas qu'une question sentimentale : c'est une décision patrimoniale et juridique avec des conséquences financières importantes sur le long terme. Ce guide compare point par point les deux régimes pour vous aider à faire un choix éclairé.
Fiscalité : PACS et mariage à égalité
Depuis la réforme de 2005, le PACS et le mariage offrent un traitement fiscal strictement identique pour l'impôt sur le revenu :
Imposition commune : les partenaires de PACS, comme les époux, forment un foyer fiscal unique avec 2 parts de quotient familial. La déclaration commune est obligatoire dès l'année de conclusion du PACS ou du mariage. Chaque enfant à charge ajoute une demi-part supplémentaire (une part entière à partir du 3e enfant).
Avantage du quotient familial : l'imposition commune est particulièrement avantageuse lorsque les revenus des deux partenaires sont très différents. Le quotient familial « lisse » les tranches d'imposition.
Exemple : un couple où l'un gagne 60 000 € et l'autre 20 000 €.
- En déclaration séparée : IR total estimé à ~12 500 €
- En déclaration commune (PACS ou mariage) : IR total estimé à ~10 200 €
- Économie : ~2 300 €/an
Autres impôts identiques :
- IFI : le patrimoine des deux partenaires est additionné, que l'on soit pacsé ou marié
- Taxe d'habitation (résidences secondaires) : déclaration commune
- Droits de donation entre partenaires : abattement de 80 724 € entre époux comme entre partenaires pacsés (article 790 E du CGI), renouvelable tous les 15 ans
La seule différence fiscale notable concerne la prestation compensatoire en cas de séparation : elle existe dans le mariage (divorce) mais pas dans le PACS (rupture). La prestation compensatoire versée en capital dans les 12 mois suivant le divorce ouvre droit à une réduction d'impôt de 25 % (plafonnée à 30 500 €).
Succession : la différence fondamentale
C'est le domaine où le PACS et le mariage divergent radicalement, et c'est souvent l'argument déterminant pour choisir le mariage.
Le conjoint marié est héritier légal (article 757 du Code civil) :
- En présence d'enfants communs : choix entre 1/4 en pleine propriété ou la totalité en usufruit
- En présence d'enfants d'un premier lit : 1/4 en pleine propriété uniquement
- Sans enfant : 1/2 en pleine propriété (l'autre moitié aux parents ou fratrie)
- Sans enfant ni parent : la totalité de la succession
- Exonération totale de droits de succession (article 796-0 bis du CGI)
- Droit au maintien dans le logement (droit viager, article 764 du Code civil)
- Pension de réversion (retraite du conjoint décédé, sous conditions)
Le partenaire pacsé n'est PAS héritier légal :
- Sans testament, le partenaire pacsé ne reçoit strictement rien de la succession. Ce sont les enfants, les parents ou les frères et soeurs qui héritent.
- Avec un testament, le partenaire pacsé peut recevoir la quotité disponible (part non réservée aux héritiers réservataires) : 1/2 avec un enfant, 1/3 avec deux enfants, 1/4 avec trois enfants ou plus
- Exonération totale de droits de succession (identique au mariage, article 796-0 bis du CGI)
- Droit temporaire au logement : occupation gratuite pendant 1 an après le décès (article 763 du Code civil), mais pas de droit viager
- Pas de pension de réversion
Tableau comparatif successoral :
| Critère | Mariage | PACS |
|---------|---------|------|
| Héritier légal | Oui | Non |
| Testament nécessaire | Non (mais recommandé) | Indispensable |
| Droits de succession | Exonéré | Exonéré |
| Quotité transmissible avec enfants | Usufruit total OU 1/4 PP | Quotité disponible uniquement |
| Droit au logement | Viager | 1 an seulement |
| Pension de réversion | Oui | Non |
Régime patrimonial : séparation vs communauté
PACS : le régime par défaut est la séparation de biens (article 515-5 du Code civil). Chaque partenaire reste propriétaire de ses biens personnels et de ce qu'il acquiert pendant le PACS. Option possible : régime d'indivision (les biens acquis pendant le PACS appartiennent à parts égales), à préciser dans la convention de PACS.
Mariage : le régime par défaut est la communauté réduite aux acquêts (article 1401 du Code civil). Tous les biens acquis pendant le mariage (salaires, investissements, immobilier) sont communs, sauf les biens reçus par donation ou héritage. Autres régimes possibles par contrat de mariage : séparation de biens, communauté universelle, participation aux acquêts.
Implications pratiques :
- En PACS (séparation de biens), si un seul partenaire finance l'achat immobilier, il est seul propriétaire. En mariage (communauté), le bien acquis pendant le mariage est commun même si un seul époux l'a financé.
- En cas de séparation, le partage est plus simple en PACS (chacun reprend ses biens) qu'en mariage (liquidation du régime matrimonial, intervention du juge).
- Pour les entrepreneurs, le PACS en séparation de biens protège mieux le partenaire des dettes professionnelles.
Un [notaire](/experts?profession=notaire) peut vous conseiller sur le régime patrimonial le plus adapté à votre situation, que ce soit pour un PACS ou un contrat de mariage.
Protection du partenaire survivant : les solutions complémentaires
Pour les couples pacsés, plusieurs mécanismes permettent de compenser l'absence de vocation successorale légale :
1. Le testament : indispensable. Il doit être rédigé et déposé chez un notaire pour garantir sa validité. Le partenaire pacsé peut recevoir la quotité disponible en pleine propriété, exonérée de droits de succession.
2. L'assurance-vie : le capital versé au bénéficiaire désigné échappe à la succession. L'abattement est de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans (article 990 I du CGI). C'est le complément idéal du testament pour le partenaire pacsé.
3. La clause de tontine (ou pacte tontinier) : dans un achat immobilier, cette clause prévoit que le survivant est réputé seul propriétaire depuis l'origine. Le bien échappe ainsi à la succession. Exonération de droits de succession pour le partenaire pacsé (comme pour le conjoint marié). Attention : la tontine est irréversible et pose problème en cas de séparation.
4. Le démembrement croisé : chaque partenaire achète l'usufruit de la part de l'autre et la nue-propriété de sa propre part. Au décès de l'un, le survivant récupère automatiquement la pleine propriété du logement.
Pour une stratégie complète de [transmission et succession](/blog/succession-transmission), combiner testament, assurance-vie et clause adaptée à l'achat immobilier est fortement recommandé.
FAQ
Un testament est-il vraiment indispensable quand on est pacsé ?
Oui, c'est absolument vital. Sans testament, le partenaire pacsé survivant ne reçoit rien de la succession, même après 30 ans de vie commune. La loi française ne reconnaît aucune vocation successorale légale au partenaire pacsé (article 731 du Code civil : seuls les parents, enfants et conjoint marié sont héritiers légaux). Concrètement, si votre partenaire décède sans testament, ce sont ses enfants qui héritent de tout, ou à défaut ses parents, puis ses frères et soeurs. Vous pourriez même être contraint de quitter le logement commun après le délai d'un an. Le testament doit être rédigé chez un notaire (testament authentique) pour une sécurité maximale, et mis à jour à chaque changement de situation familiale.
PACS ou mariage : lequel choisir quand on a des enfants d'un premier lit ?
C'est un cas où le choix est particulièrement délicat. Le mariage offre une meilleure protection du conjoint survivant (héritier légal, droit viager au logement, pension de réversion), mais il impose la réserve héréditaire des enfants : avec un enfant, le conjoint ne peut recevoir que la moitié en pleine propriété (quotité disponible). Le PACS avec testament permet de léguer la quotité disponible au partenaire, mais sans les protections automatiques du mariage. Dans les familles recomposées, le mariage avec un contrat de séparation de biens est souvent recommandé pour protéger le conjoint tout en préservant les droits des enfants de chaque côté. Un [conseiller en gestion de patrimoine](/experts?profession=cgp) peut modéliser les différents scénarios successoraux pour votre situation.
Comment se passe la rupture du PACS vs le divorce en termes de coûts et de délais ?
La rupture du PACS est beaucoup plus simple et rapide que le divorce. Le PACS peut être dissous par déclaration conjointe au greffe du tribunal ou par décision unilatérale notifiée par huissier (coût : 200 à 500 €, délai : quelques semaines). Aucune intervention du juge n'est nécessaire, sauf en cas de litige sur le partage des biens. Il n'y a pas de prestation compensatoire ni de pension alimentaire entre partenaires. Le divorce, même par consentement mutuel (divorce par acte d'avocat depuis 2017), nécessite deux avocats distincts, un acte déposé chez un notaire (coût total : 2 000 à 5 000 € minimum), et peut durer 2 à 6 mois. Un divorce contentieux peut prendre 1 à 3 ans et coûter 5 000 à 20 000 € ou plus. Le PACS offre donc une sortie beaucoup plus souple.
Claire Fontaine
Notaire, spécialiste droit patrimonial et successions
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