Ce qu'il faut retenir
- Peut-on refuser une rupture conventionnelle ?
- Quel est le délai pour obtenir l'homologation ?
- La rupture conventionnelle est-elle possible pendant un arrêt maladie ?
- Comment est imposée l'indemnité de rupture conventionnelle ?
Qu'est-ce que la rupture conventionnelle ?
La rupture conventionnelle est un mode de rupture amiable du contrat de travail à durée indéterminée (CDI), introduit par la loi du 25 juin 2008. Elle permet au salarié et à l'employeur de convenir ensemble des conditions de la fin du contrat, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer un motif particulier. Contrairement au licenciement ou à la démission, elle repose sur le consentement libre et éclairé des deux parties. Le salarié bénéficie d'une indemnité spécifique et ouvre droit aux allocations chômage, ce qui en fait une option attractive pour les salariés souhaitant quitter leur emploi dans de bonnes conditions.
Les conditions de validité
Pour être valide, la rupture conventionnelle doit respecter plusieurs conditions. Le salarié doit être en CDI (le dispositif ne s'applique pas aux CDD ni à l'intérim). Le consentement des deux parties doit être libre et non vicié : aucune pression, menace ou harcèlement ne doit entacher la décision. Au moins un entretien préalable doit être organisé pour discuter des conditions de la rupture. Le salarié peut se faire assister par un représentant du personnel ou un conseiller du salarié. La convention doit mentionner le montant de l'indemnité et la date de fin du contrat.
Attention
⚠️ La rupture conventionnelle est interdite lorsqu'elle est utilisée pour contourner les règles du licenciement économique collectif (plan de sauvegarde de l'emploi). Le juge peut requalifier la rupture en licenciement sans cause réelle et sérieuse si la fraude est établie.
La procédure étape par étape
- Demande de rupture conventionnelle par le salarié ou l'employeur (aucune forme imposée).
- Organisation d'un ou plusieurs entretiens pour négocier les conditions (indemnité, date de départ, clause de non-concurrence).
- Rédaction et signature du formulaire Cerfa n°14598 par les deux parties.
- Début du délai de rétractation de 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature.
- Envoi de la demande d'homologation à la DREETS (ex-Direccte) à l'expiration du délai de rétractation.
- Instruction par la DREETS pendant 15 jours ouvrables. En l'absence de réponse, l'homologation est réputée acquise.
- Fin effective du contrat à la date convenue dans la convention (au plus tôt le lendemain de l'homologation).
Le calcul de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Depuis 2023, celle-ci est calculée comme suit : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis un tiers de mois de salaire par année au-delà de 10 ans. Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et la moyenne des 3 derniers mois (avec proratisation des primes annuelles). En pratique, l'indemnité négociée est souvent supérieure au minimum légal, surtout pour les cadres et les salariés ayant une forte ancienneté. Les conventions collectives peuvent prévoir des montants plus favorables.
La fiscalité de l'indemnité de rupture conventionnelle
Depuis le 1er septembre 2023, le régime fiscal et social de l'indemnité de rupture conventionnelle a évolué. L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des trois montants suivants : le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle, deux fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente (plafonnée à 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 278 208 euros en 2025), ou 50 % du montant de l'indemnité versée. Côté cotisations sociales, l'indemnité est exonérée de cotisations dans les mêmes limites. Depuis septembre 2023, une contribution patronale spécifique de 30 % remplace le forfait social de 20 % pour les salariés ne pouvant pas bénéficier de la retraite.
À retenir
ℹ️ Pour un salarié en droit de bénéficier d'une pension de retraite, l'indemnité de rupture conventionnelle est intégralement soumise à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu dès le premier euro. Il est donc essentiel de vérifier ce point avant de négocier.
Le droit aux allocations chômage
Le salarié dont le contrat prend fin par rupture conventionnelle homologuée a droit aux allocations d'aide au retour à l'emploi (ARE) dans les conditions habituelles. Il doit s'inscrire à France Travail (ex-Pôle emploi) et remplir les conditions d'affiliation (avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois). Le délai de carence est calculé en fonction des congés payés restants et de l'indemnité supra-légale perçue (carence spécifique plafonnée à 150 jours). Le montant de l'ARE est d'environ 57 % du salaire journalier de référence. La durée d'indemnisation dépend de la durée d'affiliation et de l'âge du demandeur.
Se faire accompagner pour négocier
La négociation d'une rupture conventionnelle est un moment clé qui peut avoir des conséquences financières importantes. Un conseiller spécialisé peut vous aider à évaluer le montant juste de votre indemnité en fonction de votre ancienneté, de votre salaire et des pratiques de votre secteur. Il peut aussi vérifier la conformité de la procédure, anticiper les conséquences fiscales et sociales et préparer votre transition professionnelle. Sur Finalib, trouvez un expert pour vous accompagner dans cette démarche.
Ce qu'il faut retenir
- Peut-on refuser une rupture conventionnelle ?
- Quel est le délai pour obtenir l'homologation ?
- La rupture conventionnelle est-elle possible pendant un arrêt maladie ?
- Comment est imposée l'indemnité de rupture conventionnelle ?
Questions fréquentes
Élodie Petit
Consultante en protection sociale et prévoyance
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