Retraite des professions médicales : comprendre la CARMF
La Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (CARMF) gère les régimes de retraite obligatoire des médecins exerçant en libéral. Avec ses trois régimes distincts, la CARMF constitue le socle de la protection retraite de plus de 130 000 médecins en France.
Les trois régimes de la CARMF
Le régime de base (RB)
Le régime de base fonctionne par points. Les cotisations sont proportionnelles aux revenus d'activité libérale, dans la limite de deux plafonds :
- Tranche 1 : 8,23 % sur les revenus jusqu'à 1 PASS (46 368 euros en 2026)
- Tranche 2 : 1,87 % sur les revenus entre 1 et 5 PASS
Le nombre de points acquis dépend du montant des cotisations versées. La valeur du point est revalorisée chaque année.
Le régime complémentaire (RC)
Le régime complémentaire fonctionne également par points mais avec des cotisations forfaitaires réparties en classes. Le médecin peut choisir sa classe de cotisation pour augmenter ses droits futurs.
Les classes vont de la classe A (cotisation minimale) à la classe E (cotisation maximale). Chaque classe génère un nombre de points proportionnel à la cotisation versée.
L'ASV (Allocation Supplémentaire de Vieillesse)
L'ASV est un régime spécifique aux médecins conventionnés. Les deux tiers de la cotisation sont pris en charge par les caisses d'assurance maladie. Ce régime offre un complément de retraite significatif pour les praticiens conventionnés.
Montant de la retraite
La retraite d'un médecin libéral est la somme des trois composantes. En moyenne, un médecin généraliste qui a cotisé toute sa carrière perçoit environ 2 500 à 3 500 euros bruts par mois de retraite obligatoire.
Ce montant reste souvent insuffisant au regard des revenus d'activité. Il est donc essentiel de compléter par une épargne retraite individuelle.
Âge de départ
L'âge légal de départ est fixé à 62 ans avec la possibilité de bénéficier du taux plein à 67 ans. La réforme des retraites de 2023 a progressivement relevé ces seuils pour les générations nées à partir de 1961.
Le départ anticipé est possible dans certains cas : carrière longue, handicap, ou inaptitude au travail.
Optimiser sa retraite
Rachats de trimestres
Le médecin peut racheter des trimestres correspondant à ses années d'études supérieures ou à des périodes d'activité insuffisamment cotisées. Le coût du rachat dépend de l'âge et du revenu au moment de la demande.
Retraite progressive
Depuis 2022, les médecins libéraux peuvent demander une retraite progressive à partir de 60 ans. Ce dispositif permet de percevoir une fraction de sa retraite tout en réduisant son activité.
Épargne retraite complémentaire
Le PER (Plan d'Épargne Retraite) individuel ou le contrat Madelin permettent de constituer un capital ou une rente supplémentaire avec un avantage fiscal immédiat. Un [conseiller en protection sociale](/professions/protection-sociale) peut structurer cette épargne.
Cumul emploi-retraite
Depuis la réforme de 2023, le cumul emploi-retraite intégral est ouvert aux médecins ayant liquidé leurs droits à taux plein. Cette possibilité permet de générer de nouveaux droits à la retraite, contrairement à l'ancien dispositif.
Pour une analyse complète de votre situation, consultez un [expert en protection sociale](/experts) ou utilisez le [simulateur de retraite](/simulateurs). N'hésitez pas à [contacter un professionnel](/inscription-expert) pour un bilan retraite personnalisé.
Conclusion
La retraite des médecins libéraux via la CARMF nécessite une planification anticipée. La combinaison des trois régimes obligatoires avec une épargne complémentaire permet d'assurer un niveau de vie satisfaisant après la cessation d'activité.
Élodie Petit
Consultante en protection sociale et prévoyance
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