La trésorerie excédentaire d'une entreprise ne devrait jamais dormir sur un compte courant à 0 %. En 2026, plusieurs solutions permettent de placer intelligemment ces liquidités, avec des rendements allant de 3 % pour les placements monétaires à 5-6 % pour l'immobilier via SCPI. Le choix dépend de l'horizon de placement, du besoin de liquidité et de la fiscalité applicable (impôt sur les sociétés à 25 %). Ce guide passe en revue les meilleures options pour optimiser le rendement de la trésorerie de votre société en 2026.
Les placements de trésorerie court terme (moins de 12 mois)
Pour la trésorerie courante dont l'entreprise peut avoir besoin à brève échéance, la priorité est la liquidité et la sécurité du capital.
Comptes à terme (CAT) : proposés par toutes les banques, les CAT offrent en 2026 des rendements de 2,5 à 3,5 % brut selon la durée d'immobilisation (1 à 24 mois) et le montant déposé. Les intérêts sont soumis à l'IS au taux de 25 %. Le rendement net après IS est donc de l'ordre de 1,9 à 2,6 %. Les CAT sont simples, sans frais et le capital est garanti. Attention : un retrait anticipé entraîne généralement une pénalité (perte partielle ou totale des intérêts).
Fonds monétaires (OPCVM monétaires) : ces fonds investissent en titres de créance à très court terme (bons du Trésor, certificats de dépôt, billets de trésorerie). En 2026, leur rendement suit le taux de dépôt de la BCE, soit environ 2,5 à 3 % brut. La liquidité est quasi immédiate (J+1 à J+2). Les gains sont soumis à l'IS. Les fonds monétaires sont accessibles via un compte-titres professionnel ou un contrat de capitalisation. Les frais de gestion sont faibles (0,05 à 0,20 % par an).
Dépôts à vue rémunérés : certaines banques en ligne et néobanques proposent une rémunération du compte courant professionnel, généralement entre 1 et 2 % jusqu'à un certain plafond. C'est une solution de transition pour les liquidités en attente de placement.
Les placements de trésorerie moyen-long terme (plus de 12 mois)
Lorsque l'entreprise dispose d'un excédent structurel de trésorerie non nécessaire à l'exploitation, des placements plus rémunérateurs sont envisageables.
Contrat de capitalisation personne morale : c'est l'outil le plus polyvalent pour la trésorerie d'entreprise à moyen terme. Il permet d'accéder à une large gamme de supports : fonds euros (rendement 2,5 à 3,5 % en 2026), unités de compte (actions, obligations, immobilier), SCPI, et fonds structurés. La fiscalité est avantageuse : seuls les rachats sont soumis à l'IS, sur la base des intérêts inclus dans le rachat. La valeur du contrat est inscrite au bilan à sa valeur nominale (pas de réévaluation annuelle des plus-values latentes), ce qui évite une taxation sur des gains non encaissés. Les frais d'entrée vont de 0 à 2 % et les frais de gestion de 0,5 à 1 % par an.
SCPI en direct ou via société : les sociétés civiles de placement immobilier offrent des rendements de 4 à 6 % en 2026 (distribution annuelle). Les revenus fonciers distribués sont imposés à l'IS (25 %). À la revente, la plus-value est soumise au régime des plus-values professionnelles. Les SCPI sont peu liquides (délai de revente de 1 à 6 mois) et nécessitent un horizon d'investissement de 8 à 10 ans minimum. Elles conviennent aux excédents structurels de trésorerie dont l'entreprise n'a pas besoin dans les années à venir.
Obligations et fonds obligataires : en 2026, les obligations d'entreprises investment grade offrent des rendements de 3 à 4,5 % selon la maturité et la qualité de l'émetteur. Les fonds obligataires datés (à échéance fixe) sont particulièrement adaptés à la trésorerie d'entreprise car ils offrent un rendement cible connu à l'avance et remboursent le capital à l'échéance. Les coupons et plus-values sont soumis à l'IS.
Fiscalité des placements de trésorerie à l'IS
La fiscalité est un paramètre déterminant dans le choix du placement :
Taux d'IS applicable : depuis 2022, le taux normal de l'IS est de 25 % pour toutes les entreprises. Les PME bénéficient d'un taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (sous conditions de chiffre d'affaires inférieur à 10 M€ et de détention par des personnes physiques à plus de 75 %).
Moment d'imposition : pour les CAT et fonds monétaires, les intérêts sont imposés à l'IS l'année de leur perception. Pour les contrats de capitalisation, seule la part d'intérêts incluse dans un rachat est imposée (report d'imposition tant qu'il n'y a pas de rachat). Pour les SCPI, les revenus fonciers sont imposés annuellement.
Impact sur la contribution sociale : les revenus de placement augmentent le résultat fiscal et donc la base de la contribution sociale sur les bénéfices (3,3 % de l'IS au-delà de 763 000 € de bénéfice).
Un rendement brut de 3 % se traduit par un rendement net de 2,25 % après IS à 25 %, ou 2,55 % pour une PME au taux réduit de 15 %. Ce différentiel justifie d'optimiser le véhicule de placement.
Stratégie d'allocation recommandée
Voici une allocation type pour une PME disposant de 500 000 € de trésorerie excédentaire :
- Trésorerie de précaution (3 mois de charges) : 150 000 € en fonds monétaires ou CAT court terme. Liquidité immédiate, rendement net ~2,2 %.
- Trésorerie à moyen terme (1-3 ans) : 200 000 € en contrat de capitalisation (70 % fonds euros, 30 % fonds obligataires datés). Rendement net estimé ~2,5-3 %.
- Trésorerie structurelle (>3 ans) : 150 000 € en SCPI via le contrat de capitalisation ou en direct. Rendement net estimé ~3,5-4,5 %.
Cette allocation offre un rendement moyen pondéré d'environ 2,7 % net après IS, soit 13 500 €/an de revenus financiers sur 500 000 €, contre 0 € sur un compte courant non rémunéré.
Pour une stratégie de placement adaptée à votre entreprise, [consultez un conseiller en gestion de patrimoine](/conseil-patrimonial) spécialisé en trésorerie d'entreprise.
FAQ
Une société peut-elle investir en SCPI directement ?
Oui, toute personne morale (SARL, SAS, SCI, holding) peut acquérir des parts de SCPI en direct ou via un contrat de capitalisation. En direct, les revenus distribués sont des revenus fonciers imposés à l'IS. La plus-value à la revente est une plus-value professionnelle (régime du court terme ou long terme selon la durée de détention). Via un contrat de capitalisation, les revenus sont capitalisés et ne sont imposés qu'au moment du rachat, ce qui offre un différé d'imposition avantageux.
L'utilisation d'une holding est-elle pertinente pour la trésorerie ?
Oui, particulièrement dans un groupe de sociétés. La holding centralise la trésorerie excédentaire des filiales (via des conventions de trésorerie ou des remontées de dividendes au régime mère-fille, quasi exonérées avec une quote-part de 5 %). La holding peut ensuite placer cette trésorerie de manière optimisée. Le régime mère-fille permet de remonter les dividendes avec une imposition effective de seulement 1,25 % (5 % × 25 % d'IS). Cette structuration est pertinente dès que le groupe dispose de plus de 200 000 € de trésorerie excédentaire.
Quels sont les risques à surveiller pour la trésorerie d'entreprise ?
Les principaux risques sont : le risque de liquidité (ne pas pouvoir récupérer les fonds quand l'entreprise en a besoin), le risque de perte en capital (pour les UC, SCPI, obligations non investment grade), et le risque de sur-immobilisation (placer trop de trésorerie et se retrouver en difficulté pour financer le BFR). Il est recommandé de conserver en permanence l'équivalent de 3 à 6 mois de charges fixes en placements très liquides, et de ne placer à moyen-long terme que l'excédent structurel clairement identifié.
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Thomas Bernard
CIF
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