<div class="chapo"><p>Avec plus de 10 millions de titulaires et 100 milliards d'euros d'encours fin 2025, le Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel s'est imposé comme le produit phare de la préparation à la retraite. Mais si l'avantage fiscal à l'entrée est bien connu, la question de la sortie reste un angle mort pour de nombreux épargnants. Or, c'est précisément au moment de la liquidation que les choix stratégiques ont le plus d'impact sur le patrimoine net.</p></div>
<h2>Rappel : les trois options de sortie du PER</h2>
<p>Depuis la loi PACTE de 2019, le PER individuel offre une flexibilité inédite à la sortie, contrairement aux anciens PERP et Madelin :</p>
<ul>
<li><strong>Sortie en capital</strong> : récupération du montant épargné en une ou plusieurs fois</li>
<li><strong>Sortie en rente viagère</strong> : conversion du capital en revenus réguliers garantis à vie</li>
<li><strong>Sortie mixte</strong> : combinaison capital + rente, librement dosable</li>
</ul>
<p>Chaque option a ses propres règles fiscales, et le choix optimal dépend de votre situation personnelle au moment de la retraite.</p>
<h2>Sortie en capital : l'option plébiscitée mais pas toujours optimale</h2>
<h3>Fiscalité du capital</h3>
<p>La fiscalité de la sortie en capital dépend du traitement à l'entrée :</p>
<ul>
<li><strong>Versements déduits à l'entrée</strong> : le capital est soumis au barème progressif de l'IR (sans abattement de 10 %) et les plus-values au PFU de 30 %</li>
<li><strong>Versements non déduits</strong> : seules les plus-values sont imposées au PFU de 30 %, le capital est exonéré</li>
</ul>
<div class="callout warning"><p><strong>Attention :</strong> Une sortie en capital intégrale sur un PER bien garni peut vous faire changer de tranche marginale d'imposition l'année de la liquidation. Un PER de 200 000 € liquidé en une fois pour un retraité déclarant 30 000 € de revenus annuels ferait passer la TMI de 30 % à 41 %, voire 45 %. L'impôt supplémentaire peut atteindre 25 000 € par rapport à une sortie fractionnée.</p></div>
<h3>La stratégie du fractionnement</h3>
<p>Pour éviter le saut de tranche, la sortie en capital fractionnée sur 3 à 5 ans est souvent la plus pertinente. En étalant les retraits, vous lissez l'impact fiscal et restez dans votre tranche marginale habituelle. Cette stratégie est particulièrement efficace dans les premières années de retraite où les revenus baissent naturellement.</p>
<h2>Sortie en rente : l'option sécurisante pour les patrimoines modestes</h2>
<p>La rente viagère offre la garantie d'un revenu à vie, mais sa fiscalité est spécifique :</p>
<ul>
<li>Pour les versements déduits : la rente est imposée comme une pension de retraite (barème IR après abattement de 10 %)</li>
<li>Pour les versements non déduits : imposition au régime favorable des rentes viagères à titre onéreux (seule une fraction est imposable, selon l'âge au moment de la liquidation)</li>
</ul>
<div class="callout info"><p><strong>Bon à savoir :</strong> Pour un épargnant qui liquide son PER à 64 ans avec des versements non déduits, seuls 40 % de la rente sont imposables. À 70 ans, ce taux tombe à 30 %. Un avantage fiscal considérable par rapport à la sortie en capital.</p></div>
<h2>Le taux de conversion : le piège caché</h2>
<p>Le taux de conversion capital/rente est le paramètre clé, souvent sous-estimé. En 2026, les tables de mortalité utilisées par les assureurs (TGH/TGF 05) aboutissent à des taux de conversion d'environ 3,2 à 3,8 % pour un homme de 64 ans. Concrètement, un capital de 100 000 € se transforme en une rente annuelle de 3 200 à 3 800 € bruts.</p>
<p>Pour récupérer son capital initial par les seules rentes versées, il faut donc vivre environ 26 à 31 ans après la liquidation. Au-delà, c'est du « gain pur » ; en deçà, l'assureur est gagnant.</p>
<h2>La stratégie mixte : le meilleur des deux mondes</h2>
<p>La sortie mixte permet de combiner la flexibilité du capital avec la sécurité de la rente. Une stratégie fréquemment recommandée par les CGP :</p>
<ul>
<li><strong>60 à 70 % en capital fractionné</strong> sur 4 ans pour financer les projets de début de retraite (voyage, rénovation, aide aux enfants)</li>
<li><strong>30 à 40 % en rente viagère</strong> pour sécuriser un revenu plancher à partir de 70-75 ans, quand les besoins de soins augmentent</li>
</ul>
<h2>Ce qu'il faut retenir</h2>
<div class="callout tip"><p>Le choix du mode de sortie du PER ne doit pas être improvisé. Il doit s'inscrire dans une stratégie patrimoniale globale intégrant votre TMI à la retraite, vos autres sources de revenus, votre espérance de vie statistique et vos projets personnels. Un conseiller en gestion de patrimoine peut modéliser différents scénarios pour identifier la stratégie optimale, souvent un mix capital fractionné + rente différée.</p></div>
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Claire Fontaine
Conseillère en gestion de patrimoine (CGP), certifiée AMF
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