L'épargne salariale constitue un avantage financier souvent sous-exploité par les salariés français. En 2026, les dispositifs PEE (Plan d'Épargne Entreprise) et PERECO (Plan d'Épargne Retraite d'Entreprise Collectif) permettent de se constituer un capital avec l'aide de l'employeur, dans un cadre fiscal très favorable. Avec un encours total dépassant 230 milliards d'euros en France, l'épargne salariale concerne plus de 11 millions de bénéficiaires.
PEE et PERECO : deux logiques complémentaires
Le PEE est un plan d'épargne à moyen terme. Les sommes versées sont bloquées pendant 5 ans minimum, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi (mariage ou PACS, naissance d'un 3e enfant, acquisition de la résidence principale, rupture du contrat de travail, surendettement, invalidité, décès du conjoint). Les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu à la sortie ; seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent.
Le PERECO (ex-PERCO, transformé par la loi PACTE) est orienté retraite. Les fonds sont bloqués jusqu'au départ en retraite, avec des cas de déblocage anticipé plus restreints (achat de résidence principale, invalidité, surendettement, décès du conjoint, expiration des droits chômage). La sortie peut se faire en capital, en rente viagère, ou en combinaison des deux. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels (plafond de 37 094 € en 2026).
L'abondement : l'argent gratuit de l'employeur
L'abondement est la contribution complémentaire versée par l'employeur lorsque le salarié effectue un versement. C'est le principal atout de l'épargne salariale. En 2026, les plafonds sont les suivants : 3 709 € par an sur le PEE (soit 300 % du versement du salarié dans la limite de 8 % du PASS) et 7 418 € par an sur le PERECO (soit 300 % dans la limite de 16 % du PASS). L'abondement est exonéré d'impôt sur le revenu pour le salarié et déductible du bénéfice imposable pour l'entreprise. Le forfait social, à la charge de l'employeur, est de 20 % en règle générale, mais réduit à 10 % sur le PERECO et à 0 % dans les entreprises de moins de 50 salariés.
En pratique, un salarié qui verse 1 500 € sur son PEE et reçoit un abondement de 300 % obtient 4 500 € supplémentaires, soit 6 000 € investis pour 1 500 € de sa poche. C'est un rendement immédiat de 300 % avant même la performance des supports financiers.
Intéressement, participation et versements volontaires
Trois sources alimentent l'épargne salariale. La participation est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés et correspond à une quote-part des bénéfices calculée selon une formule légale. L'intéressement est facultatif et lié à des objectifs de performance définis par accord d'entreprise. Ces deux primes peuvent être placées sur le PEE ou le PERECO pour bénéficier de l'exonération fiscale, ou perçues directement (auquel cas elles sont soumises à l'impôt sur le revenu).
Les versements volontaires complètent le dispositif. Le salarié peut verser librement sur son PEE ou PERECO pour déclencher l'abondement. Depuis la loi PACTE, les anciens dispositifs (PERCO, Article 83) peuvent être transférés vers un PERECO ou un PER individuel, ce qui simplifie la gestion.
Optimiser sa stratégie d'épargne salariale
Pour maximiser l'avantage, la règle est simple : toujours verser au moins le montant qui déclenche l'abondement maximum. Si l'accord d'entreprise prévoit un abondement de 100 % jusqu'à 1 800 € sur le PEE, il faut verser 1 800 €. Ne pas le faire revient à renoncer à de l'argent gratuit. Pour les supports de placement, les salariés jeunes avec un horizon long ont intérêt à privilégier les fonds actions (profil dynamique) plutôt que les fonds monétaires, qui offrent une protection du capital mais un rendement réel faible après inflation.
FAQ
Peut-on cumuler PEE et PERECO dans la même entreprise ?
Oui, les deux dispositifs sont cumulables. Un salarié peut verser sur les deux plans et recevoir l'abondement sur chacun, dans la limite des plafonds respectifs. La stratégie optimale consiste à utiliser le PEE pour les projets à 5 ans (achat immobilier) et le PERECO pour la retraite.
Que devient l'épargne salariale en cas de départ de l'entreprise ?
Le PEE et le PERECO restent actifs après le départ, mais ne reçoivent plus de nouveaux versements ni d'abondement. Les frais de tenue de compte sont alors à la charge de l'ancien salarié (sauf transfert vers le plan du nouvel employeur). Le départ de l'entreprise constitue un cas de déblocage anticipé du PEE.
Les TPE et PME ont-elles accès à l'épargne salariale ?
Oui. Depuis la loi PACTE, les entreprises de moins de 50 salariés bénéficient d'un forfait social à 0 % sur l'ensemble des dispositifs (intéressement, participation, abondement). Des plans d'épargne interentreprises (PEI) simplifient la mise en place pour les petites structures.
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Claire Fontaine
CGP
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