Ce qu'il faut retenir
- Le crédit vendeur est-il compatible avec un prêt bancaire ?
- Le taux d'intérêt du crédit vendeur est-il réglementé ?
- Que se passe-t-il si le repreneur fait faillite avant le remboursement complet ?
- Le crédit vendeur peut-il porter sur la cession d'un fonds de commerce ?
Le crédit vendeur est un mécanisme par lequel le cédant d'une entreprise accepte de ne pas percevoir immédiatement l'intégralité du prix de cession. Une partie du prix est payée comptant (généralement financée par un emprunt bancaire du repreneur) et le solde est échelonné sur une période convenue entre les parties (généralement 1 à 5 ans). Le crédit vendeur constitue un complément de financement qui facilite la réalisation de l'opération, notamment lorsque le repreneur ne dispose pas d'un apport suffisant ou que les banques ne financent pas la totalité du prix.
Mécanisme et structuration
Le crédit vendeur est formalisé dans l'acte de cession ou dans un contrat de prêt séparé. Il précise le montant du crédit (généralement 20 à 40 % du prix de cession), le taux d'intérêt applicable (souvent aligné sur le taux bancaire ou légèrement supérieur), la durée de remboursement, l'échéancier des paiements (mensuel, trimestriel ou annuel), et les garanties accordées au cédant. Le repreneur signe généralement une reconnaissance de dette ou un billet à ordre. Le crédit vendeur peut être assorti d'une clause de déchéance du terme en cas de défaut de paiement.
Avantages pour le cédant
- Facilite la vente en élargissant le cercle des repreneurs potentiels
- Permet d'obtenir un prix de cession plus élevé (le repreneur accepte un prix supérieur si le paiement est échelonné)
- Génère des intérêts pendant la durée du crédit
- Témoigne de la confiance du cédant dans la pérennité de l'entreprise, ce qui rassure le repreneur
- Permet un étalement de l'imposition de la plus-value (sous conditions)
Avantages pour le repreneur
Pour le repreneur, le crédit vendeur réduit le besoin de financement bancaire initial, ce qui facilite l'obtention du prêt (la banque finance une proportion plus faible du prix total). Il permet de préserver la trésorerie de l'entreprise reprise en limitant les remboursements immédiats. Le crédit vendeur crée également un alignement d'intérêts avec le cédant : si celui-ci accepte de financer une partie du prix, c'est qu'il croit en la capacité de l'entreprise à générer les flux nécessaires au remboursement. Cela rassure le repreneur sur la qualité de l'entreprise.
Fiscalité : étalement de la plus-value
La loi de finances pour 2019 a instauré un mécanisme d'étalement de l'imposition de la plus-value de cession de titres lorsqu'un crédit vendeur est consenti (article 150-0 D bis du CGI). Ce dispositif permet au cédant de répartir le paiement de l'impôt sur la plus-value au rythme des encaissements effectifs du prix. L'étalement est possible lorsque le crédit vendeur est d'une durée supérieure à deux ans et porte sur la cession de titres de PME au sens communautaire. La demande d'étalement doit être formulée lors de la déclaration de la plus-value. Ce mécanisme évite que le cédant doive payer l'impôt sur une plus-value dont il n'a pas encore encaissé la totalité du prix.
Attention
⚠️ Risque principal : le défaut de paiement du repreneur. Si l'entreprise rencontre des difficultés après la cession, le repreneur peut être dans l'incapacité de rembourser le crédit vendeur. Le cédant se retrouve alors créancier d'une société en difficulté, voire en procédure collective, avec un risque de perte partielle ou totale du solde du prix.
Garanties à mettre en place
Pour sécuriser le crédit vendeur, plusieurs garanties peuvent être mises en place. Le nantissement des titres de la société cédée au profit du cédant est la garantie la plus courante : en cas de défaut de paiement, le cédant peut faire réaliser les titres et récupérer le prix. Une caution personnelle du repreneur peut compléter le nantissement. Une clause de réserve de propriété (les titres ne sont transférés qu'au paiement intégral du prix) est envisageable mais délicate en pratique car elle maintient le cédant comme actionnaire pendant la durée du crédit. Enfin, une assurance décès-invalidité sur la tête du repreneur peut protéger le cédant en cas de disparition du repreneur.
Se faire accompagner
La structuration d'un crédit vendeur dans le cadre d'une cession d'entreprise nécessite l'intervention d'un avocat et d'un expert-comptable pour sécuriser les intérêts des deux parties. Un conseiller en gestion de patrimoine peut également optimiser la fiscalité de l'opération pour le cédant. Sur Finalib, trouvez les professionnels adaptés à votre projet de cession.
Ce qu'il faut retenir
- Le crédit vendeur est-il compatible avec un prêt bancaire ?
- Le taux d'intérêt du crédit vendeur est-il réglementé ?
- Que se passe-t-il si le repreneur fait faillite avant le remboursement complet ?
- Le crédit vendeur peut-il porter sur la cession d'un fonds de commerce ?
Questions fréquentes
Claire Fontaine
Conseillère en gestion de patrimoine (CGP), certifiée AMF
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