Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est devenu l'enveloppe incontournable pour préparer sa retraite tout en réduisant son impôt sur le revenu. Créé par la loi PACTE de 2019, il remplace les anciens PERP, Madelin et Article 83. En 2026, l'offre s'est considérablement étoffée, avec des écarts significatifs en termes de frais, de rendement des fonds euros et de choix d'unités de compte. Comparer les contrats avant de souscrire est essentiel pour maximiser la performance nette sur le long terme.
Pourquoi ouvrir un PER en 2026
Le PER individuel permet de déduire les versements volontaires de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l'année N-1, plafonnés à 8 PASS (soit un maximum de 37 094 € en 2026 sur la base d'un PASS à 47 100 €). Pour les TNS, le plafond est relevé à 10 % du bénéfice imposable + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS.
Concrètement, pour un salarié avec un revenu net imposable de 60 000 € dans la tranche à 30 %, un versement de 6 000 € sur son PER génère une économie d'impôt immédiate de 1 800 €. Le coût réel du versement n'est donc que de 4 200 €. Plus votre TMI est élevée, plus l'avantage est important : à 41 %, l'économie passe à 2 460 € pour le même versement.
Les fonds sont bloqués jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire.
Comparatif des meilleurs PER individuels 2026
Les critères déterminants sont les frais de gestion annuels (qui grèvent la performance chaque année), le rendement du fonds euros (poche sécurisée) et la qualité de l'offre d'unités de compte (UC).
Linxea Spirit PER (assureur : Spirica/Crédit Agricole) : frais de gestion sur UC de 0,50 % par an, parmi les plus bas du marché. Fonds euros qui a servi 3,13 % en 2025. Plus de 700 unités de compte dont des ETF, SCPI, SCI et OPCI. Pas de frais sur versements ni d'arbitrage en ligne. C'est le PER le plus compétitif pour les investisseurs autonomes.
Évolution PER (assureur : Abeille Assurances) : frais de gestion sur UC de 0,60 %. Fonds euros à 2,44 % en 2025. Plus de 500 UC avec une bonne sélection de fonds labellisés ISR. Interface intuitive et gestion pilotée accessible.
Placement-direct PER (assureur : SwissLife) : frais de gestion sur UC de 0,60 %. Fonds euros à 2,70 % en 2025 (jusqu'à 4 % avec bonus UC). Plus de 1 000 unités de compte, l'une des offres les plus larges du marché. Accès à des supports immobiliers (SCPI, OPCI) de qualité.
Yomoni PER (gestion pilotée) : frais tout compris de 1,60 % par an (gestion + assureur + fonds). Allocation pilotée par des algorithmes entre ETF diversifiés. Adapté aux épargnants qui ne souhaitent pas gérer eux-mêmes leur allocation. Performance nette de frais d'environ 5 à 8 % selon le profil de risque sur les dernières années.
PER bancaires (banques traditionnelles) : attention aux frais. Les PER distribués en agence facturent souvent 2 à 4 % de frais sur versements + 0,8 à 1 % de frais de gestion annuels. Sur 20 ans, ces frais peuvent amputer la performance de 25 à 40 % par rapport à un PER en ligne. Évitez-les sauf si des avantages spécifiques compensent (négociation de taux de crédit immobilier par exemple).
PER : gestion libre ou gestion pilotée ?
En gestion libre, vous choisissez vous-même vos supports (fonds euros, ETF, SCPI, OPCVM). C'est l'option la plus économique en frais et la plus flexible, mais elle exige un minimum de connaissances financières et un suivi régulier.
En gestion pilotée (ou gestion sous mandat), le gestionnaire ajuste automatiquement l'allocation en fonction de votre âge et de votre profil de risque. Par défaut, le PER applique la gestion pilotée à horizon : la part d'actifs risqués diminue progressivement à mesure que vous approchez de la retraite. C'est la gestion par défaut prévue par la loi PACTE.
Pour un PER de plus de 50 000 €, la gestion libre avec des ETF à bas coûts (0,1 à 0,3 % de frais internes) est généralement plus performante sur le long terme. Pour un PER de moins de 10 000 € ou pour un épargnant non initié, la gestion pilotée offre un bon compromis.
Fiscalité à la sortie : rente ou capital ?
À la retraite, le PER offre deux options de sortie. La sortie en capital : le capital correspondant aux versements déduits est soumis au barème de l'IR (sans prélèvements sociaux), et les plus-values sont soumises au PFU de 30 %. La sortie en rente viagère : la rente est imposée comme une pension de retraite (après abattement de 10 %) et soumise aux prélèvements sociaux.
Stratégie optimale : si votre TMI à la retraite est inférieure à celle pendant la vie active (ce qui est le cas pour la majorité des épargnants), le PER est doublement gagnant — déduction à un taux élevé, imposition à un taux plus faible. Un [conseiller en gestion de patrimoine](/experts?profession=conseiller-gestion-patrimoine) peut simuler les deux scénarios en fonction de votre projection de revenus à la retraite.
Retrouvez également notre guide complet sur la [fiscalité 2026](/blog?category=fiscalite) pour intégrer le PER dans votre stratégie globale de défiscalisation.
FAQ
Peut-on transférer un ancien PERP ou Madelin vers un PER ?
Oui, le transfert est un droit prévu par la loi PACTE. Il est gratuit si le contrat a plus de 5 ans. En dessous de 5 ans, des frais de transfert de 1 % maximum de l'encours peuvent s'appliquer. Le transfert est généralement recommandé si votre ancien contrat a des frais élevés ou un fonds euros peu performant. Attention : vérifiez que le nouveau PER offre des garanties au moins équivalentes (table de mortalité pour la rente, options de prévoyance). Le transfert se fait contrat à contrat et peut prendre 1 à 3 mois.
PER ou assurance-vie : lequel choisir ?
Les deux sont complémentaires. Le PER est prioritaire si votre TMI est de 30 % ou plus, grâce à l'économie d'impôt immédiate sur les versements. L'assurance-vie est préférable si vous avez besoin de liquidité (pas de blocage des fonds), si votre TMI est de 11 % (avantage fiscal du PER trop faible), ou si votre objectif principal est la transmission (abattement de 152 500 € par bénéficiaire). Dans l'idéal, versez sur le PER à hauteur de votre plafond de déduction, puis complétez avec l'assurance-vie pour la diversification et la souplesse.
Les prélèvements sociaux passent-ils à 18,6 % en 2026 ?
Le taux de prélèvements sociaux applicable aux revenus du patrimoine et aux produits de placement est de 17,2 % en 2025. Des discussions dans le cadre du PLFSS 2026 ont évoqué une hausse à 18,6 % via l'augmentation de la CSG de 1,4 point. Si cette mesure est adoptée, elle impacterait les gains réalisés sur les PER (à la sortie en capital sur la part de plus-values), les assurances-vie, les comptes-titres et les plus-values immobilières. Cette hausse renforce l'intérêt des enveloppes fiscalement avantageuses comme le PEA (exonéré d'IR après 5 ans, mais soumis aux PS) et le PER (déduction à l'entrée).
Claire Fontaine
CGP
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