Ce qu'il faut retenir
- Peut-on modifier le régime de la communauté réduite aux acquêts ?
- Un bien acheté avant le mariage est-il commun ?
- Les dettes d'un seul époux engagent-elles les biens communs ?
- Que se passe-t-il en cas de décès sous ce régime ?
En l'absence de contrat de mariage, les époux sont automatiquement soumis au régime de la communauté réduite aux acquêts, défini par les articles 1400 à 1491 du Code civil. Ce régime distingue trois masses de biens : les biens propres de chaque époux, et les biens communs acquis pendant le mariage. Il concerne environ 80 % des couples mariés en France.
Les biens propres de chaque époux
Les biens propres sont ceux que chaque époux possédait avant le mariage et ceux reçus par donation ou succession pendant le mariage. Les vêtements personnels, les outils de travail nécessaires à la profession et les droits exclusivement attachés à la personne (pension alimentaire, réparation d'un préjudice corporel) sont également des biens propres. Un bien acquis avec des fonds propres reste propre si la traçabilité est établie par une clause de remploi.
Les biens communs : les acquêts
Les acquêts sont tous les biens acquis pendant le mariage à titre onéreux : salaires, revenus professionnels, épargne constituée, biens immobiliers achetés ensemble ou séparément avec des revenus du ménage. Les revenus des biens propres (loyers, dividendes, intérêts) sont également communs. La présomption de communauté s'applique : en cas de doute sur la nature d'un bien, il est réputé commun.
La gestion des biens communs
Chaque époux peut administrer seul les biens communs (gestion concurrente). Toutefois, certains actes graves nécessitent le consentement des deux époux : vente ou donation d'un immeuble commun, constitution d'une hypothèque, conclusion d'un bail commercial. Un époux ne peut pas non plus disposer seul des droits portant sur le logement familial, même s'il s'agit de son bien propre.
Attention
⚠️ Les dettes contractées par un seul époux pendant le mariage engagent les biens communs, sauf exception (dépenses manifestement excessives, cautionnement donné sans le consentement du conjoint). Cette solidarité des dettes est un risque patrimonial majeur à comprendre.
La dissolution du régime : le partage
Le régime prend fin par le divorce, le décès ou le changement de régime matrimonial. Le partage s'effectue en trois étapes : reprise des biens propres par chaque époux, liquidation de la communauté (actif commun moins passif commun), et partage par moitié du solde net. Les récompenses compensent les mouvements de valeur entre patrimoines propres et communs.
Les récompenses : un mécanisme clé
Lorsque la communauté a profité de fonds propres d'un époux (par exemple pour financer des travaux sur un bien commun), une récompense est due par la communauté à cet époux. Inversement, si un bien propre a été amélioré avec des fonds communs, l'époux propriétaire doit récompense à la communauté. Le calcul des récompenses suit la règle du profit subsistant.
Les avantages et limites du régime légal
- Simplicité : aucun contrat de mariage nécessaire, applicable par défaut.
- Protection du conjoint : mise en commun des richesses acquises pendant le mariage.
- Risque d'endettement : les dettes d'un époux engagent les biens communs.
- Inadapté aux entrepreneurs : les créanciers professionnels peuvent saisir les biens communs.
- Rigidité au divorce : le partage par moitié ne tient pas compte de la contribution respective de chaque époux.
Faut-il envisager un aménagement ?
Le régime légal peut être aménagé par un contrat de mariage ou modifié après deux ans de mariage. Les clauses les plus courantes sont la clause de préciput, la clause d'attribution intégrale au conjoint survivant, ou le passage à un autre régime. Un conseiller en gestion de patrimoine ou un notaire peut analyser votre situation et recommander les ajustements nécessaires. Sur Finalib, trouvez un professionnel qualifié.
Ce qu'il faut retenir
- Peut-on modifier le régime de la communauté réduite aux acquêts ?
- Un bien acheté avant le mariage est-il commun ?
- Les dettes d'un seul époux engagent-elles les biens communs ?
- Que se passe-t-il en cas de décès sous ce régime ?
Questions fréquentes
Claire Fontaine
Conseillère en gestion de patrimoine (CGP), certifiée AMF
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