La loi Le Meur : ce qui a changé depuis novembre 2024
La loi n°2024-1039 du 19 novembre 2024 (dite loi Le Meur) a considérablement durci la réglementation des meublés de tourisme. L'objectif : rééquilibrer le marché locatif en faveur des résidences principales et réduire la pression sur le logement dans les zones tendues.
Fiscalité durcie : micro-BIC réduit
Meublés de tourisme non classés : plafond du micro-BIC réduit de 77 700 € à 15 000 €, avec un abattement de 30 % seulement (au lieu de 50 %). Meublés de tourisme classés : plafond maintenu à 77 700 € mais abattement réduit à 50 % (au lieu de 71 %). Chambres d'hôtes : plafond maintenu à 188 700 €, abattement 71 %. Le régime réel (LMNP) reste inchangé.
DPE obligatoire pour les meublés de tourisme
Depuis 2025, un diagnostic de performance énergétique est obligatoire pour toute mise en location saisonnière. Les logements classés G sont interdits à la location touristique (comme pour la location classique). Les F seront interdits en 2028.
La limite de 120 jours renforcée
Dans les communes de plus de 200 000 habitants, la résidence principale ne peut être louée sur Airbnb plus de 120 jours par an. Les sanctions sont renforcées : jusqu'à 15 000 € d'amende par logement en infraction. Les plateformes sont tenues de bloquer automatiquement les annonces au-delà du seuil.
Le changement d'usage : plus restrictif
Les communes peuvent désormais imposer la compensation intégrale : pour chaque m² transformé en meublé touristique, le propriétaire doit remettre sur le marché un m² de logement classique. À Paris, cette obligation peut coûter 20 000 à 50 000 €/m². Les résidences secondaires louées en meublé touristique sont les plus impactées.
Le numéro d'enregistrement obligatoire
Tout meublé de tourisme doit être déclaré en mairie et obtenir un numéro d'enregistrement, affiché dans l'annonce. Sans numéro : amende de 5 000 €. Les plateformes doivent vérifier la validité du numéro.
Impact sur la rentabilité
Avant la loi Le Meur : un meublé touristique non classé en micro-BIC avec 30 000 € de loyers payait l'impôt sur 15 000 € (50 % d'abattement). Après : il paie l'impôt sur 21 000 € (30 % d'abattement sur 15 000 € de plafond, le reste au régime réel). Surcoût fiscal significatif pour les petits loueurs.
FAQ
La location saisonnière est-elle encore rentable en 2026 ?
Oui, mais moins qu'avant. Le régime réel (LMNP) reste avantageux grâce à l'amortissement. Le classement en meublé de tourisme permet de conserver un abattement de 50 %. Dans les zones touristiques, les revenus restent élevés.
Comment classer son meublé de tourisme ?
Le classement est volontaire, réalisé par un organisme agréé (Atout France). Coût : 150-250 €. Validité : 5 ans. Le classement permet de conserver le micro-BIC à 77 700 € avec 50 % d'abattement. C'est quasi-indispensable en 2026.
Antoine Leroy
Analyste financier, certifié CFA Level II
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