Ce qu'il faut retenir
- Combien de temps dure la procédure de préemption ?
- Le vendeur peut-il refuser la préemption ?
- L'acquéreur évincé a-t-il un recours ?
- Le DPU s'applique-t-il aux donations ?
Le droit de préemption urbain (DPU) est un outil d'aménagement permettant aux communes d'acquérir en priorité un bien immobilier mis en vente, dans le but de réaliser des opérations d'intérêt général : logements sociaux, équipements publics, espaces verts. Ce droit, encadré par les articles L. 211-1 et suivants du code de l'urbanisme, concerne la grande majorité des transactions immobilières en zone urbanisée.
Qu'est-ce que le droit de préemption urbain ?
Le DPU permet à une commune dotée d'un plan local d'urbanisme (PLU) d'acheter un bien immobilier avant tout autre acquéreur. Il existe deux niveaux : le DPU simple, qui s'applique aux immeubles bâtis et terrains, et le DPU renforcé, qui couvre également les parts de SCI, les donations et les apports en société. Le DPU renforcé doit être instauré par une délibération spécifique du conseil municipal.
Quels biens sont concernés ?
- Ventes d'immeubles bâtis et non bâtis situés dans les zones U et AU du PLU.
- Cessions de droits indivis portant sur un immeuble.
- Ventes de lots de copropriété (en DPU renforcé).
- Aliénation de parts de SCI dont le patrimoine est constitué d'un immeuble (DPU renforcé).
- Adjudications amiables ou judiciaires.
À retenir
ℹ️ Sont exclues du DPU : les ventes entre conjoints, entre ascendants et descendants, les cessions de parts de sociétés autres que SCI (sauf DPU renforcé), et les immeubles construits depuis moins de 4 ans.
Procédure : la déclaration d'intention d'aliéner (DIA)
Le vendeur (ou son notaire) doit adresser une déclaration d'intention d'aliéner (DIA) à la mairie avant toute signature de l'acte de vente. La DIA mentionne le prix, les conditions de la vente et l'identité de l'acquéreur pressenti. La commune dispose alors d'un délai de deux mois pour se prononcer. Passé ce délai sans réponse, la commune est réputée avoir renoncé à préempter.
Décision de la commune et fixation du prix
La commune peut accepter le prix proposé, renoncer à préempter, ou proposer un prix inférieur. En cas de désaccord sur le prix, le juge de l'expropriation est saisi pour fixer la valeur du bien. Le vendeur conserve le droit de retirer son bien de la vente si le prix fixé ne lui convient pas. La commune doit motiver sa décision de préemption en indiquant l'opération d'aménagement envisagée.
Recours du vendeur et de l'acquéreur évincé
Le vendeur et l'acquéreur évincé peuvent contester la décision de préemption devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. Les motifs de contestation sont l'absence de projet réel d'intérêt général, le défaut de motivation, ou un vice de procédure. La jurisprudence sanctionne régulièrement les préemptions insuffisamment motivées ou détournées de leur objet.
Conseils pratiques pour les vendeurs
Avant de mettre un bien en vente, vérifiez auprès de la mairie si un DPU (simple ou renforcé) est en vigueur. Prévoyez un délai supplémentaire de deux mois minimum dans votre calendrier de vente. Si la commune préempte à un prix inférieur, évaluez le coût d'une procédure judiciaire avant de saisir le juge de l'expropriation. Sur Finalib, un conseiller immobilier peut vous accompagner pour sécuriser la transaction.
Ce qu'il faut retenir
- Combien de temps dure la procédure de préemption ?
- Le vendeur peut-il refuser la préemption ?
- L'acquéreur évincé a-t-il un recours ?
- Le DPU s'applique-t-il aux donations ?
Questions fréquentes
Thomas Bernard
Agent immobilier et conseiller en investissement locatif
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