Ce qu'il faut retenir
- Le bailleur peut-il expulser un locataire sans passer par le juge ?
- Quel est le délai total pour expulser un locataire qui ne paie pas ?
- Le locataire peut-il contester la clause résolutoire ?
- Le défaut d'assurance habitation peut-il entraîner la résiliation du bail ?
La clause résolutoire est une disposition quasi systématique dans les baux d'habitation. Elle prévoit la résiliation automatique du bail en cas de manquement grave du locataire à ses obligations : impayé de loyer, défaut d'assurance, troubles de jouissance. Toutefois, sa mise en œuvre est strictement encadrée par la loi du 6 juillet 1989 pour protéger le locataire. Le bailleur doit respecter une procédure précise sous peine de voir la clause déclarée inopposable.
Les cas d'application de la clause résolutoire
- Non-paiement du loyer ou des charges aux termes convenus.
- Non-souscription d'une assurance habitation par le locataire.
- Non-versement du dépôt de garantie.
- Troubles de jouissance causés aux voisins constatés par décision de justice.
- Non-respect de l'obligation d'user paisiblement des locaux.
Le commandement de payer : étape obligatoire
Pour les impayés de loyer, le bailleur doit d'abord faire délivrer un commandement de payer par commissaire de justice (ancien huissier). Ce commandement reproduit la clause résolutoire et accorde au locataire un délai de 6 semaines pour régulariser sa situation (délai porté de 2 mois à 6 semaines par la loi Kasbarian de 2023). Le commandement doit être notifié simultanément à la CAF si le locataire perçoit une aide au logement, et à la CCAPEX (commission de coordination des actions de prévention des expulsions). Si le locataire régularise intégralement dans le délai, la clause résolutoire est neutralisée et le bail se poursuit.
Attention
⚠️ Le commandement de payer doit mentionner le montant exact des sommes réclamées (loyers, charges, intérêts), reproduire intégralement la clause résolutoire du bail et indiquer le délai de 6 semaines. Un commandement incomplet ou erroné est nul et la procédure doit être reprise à zéro.
La saisine du juge des contentieux de la protection
Si le locataire ne régularise pas dans le délai de 6 semaines, le bailleur doit saisir le juge des contentieux de la protection (ex-juge d'instance) pour faire constater l'acquisition de la clause résolutoire. Le juge ne prononce pas la résiliation : il constate que les conditions de la clause sont réunies et que le bail est résolu de plein droit. Il ordonne également l'expulsion du locataire et la condamnation au paiement des arriérés. La procédure judiciaire est obligatoire même si la clause est « automatique » : le bailleur ne peut pas expulser le locataire de sa propre initiative.
Les délais de grâce accordés par le juge
Le juge peut accorder au locataire des délais de paiement pouvant aller jusqu'à 3 ans (article 24 de la loi du 6 juillet 1989). Pendant ces délais, la clause résolutoire est suspendue et le locataire reste dans les lieux à condition de respecter l'échéancier fixé par le juge. Si le locataire respecte intégralement l'échéancier, la clause résolutoire est réputée n'avoir jamais joué et le bail reprend ses effets normaux. En revanche, le moindre manquement à l'échéancier entraîne la résiliation définitive du bail sans nouvelle procédure.
La trêve hivernale et ses effets
Même lorsque la résiliation est prononcée et l'expulsion ordonnée, l'exécution de l'expulsion est suspendue pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante. Cette protection s'applique à tous les locataires, y compris ceux qui n'ont pas de droit au maintien dans les lieux. Seuls les squatteurs de domicile, les personnes relogées et les occupants de locaux faisant l'objet d'un arrêté de péril sont exclus de la trêve hivernale depuis la loi Kasbarian.
La procédure d'expulsion après résiliation
Une fois la résiliation constatée et les délais épuisés, le bailleur doit obtenir un titre exécutoire puis faire appel à un commissaire de justice pour signifier un commandement de quitter les lieux. Le locataire dispose alors de 2 mois pour partir volontairement. Passé ce délai, le commissaire de justice peut procéder à l'expulsion avec le concours de la force publique si nécessaire. L'ensemble de la procédure, du premier impayé à l'expulsion effective, prend en moyenne 18 à 24 mois.
Se faire accompagner dans la procédure
La mise en œuvre de la clause résolutoire implique le respect de nombreuses formalités et délais. Un avocat spécialisé en droit immobilier peut piloter la procédure, du commandement de payer à l'expulsion, et maximiser les chances de recouvrement des loyers impayés. Finalib vous met en relation avec des professionnels qualifiés.
Ce qu'il faut retenir
- Le bailleur peut-il expulser un locataire sans passer par le juge ?
- Quel est le délai total pour expulser un locataire qui ne paie pas ?
- Le locataire peut-il contester la clause résolutoire ?
- Le défaut d'assurance habitation peut-il entraîner la résiliation du bail ?
Questions fréquentes
Thomas Bernard
Agent immobilier et conseiller en investissement locatif
L'équipe de rédaction Finalib s'appuie sur des experts certifiés pour vous fournir des conseils fiables et à jour en matière financière, juridique et patrimoniale.
Besoin d'un accompagnement personnalisé ?
Nos experts certifiés sont disponibles pour répondre à vos questions et vous guider dans vos démarches.
Consulter un expert