Ce qu'il faut retenir
- Un particulier peut-il récupérer la TVA sur un achat neuf ?
- Que se passe-t-il si je revends un bien neuf dans les cinq ans ?
- La TVA s'applique-t-elle aux terrains à bâtir ?
- Comment savoir si un bien est soumis à la TVA ou aux DMTO ?
La TVA immobilière est un impôt indirect qui s'applique aux ventes de biens immobiliers neufs et, dans certains cas, aux cessions de biens anciens. Son régime est complexe car il combine des règles issues du code général des impôts et de la directive européenne sur la TVA. La compréhension de ces règles est indispensable pour tout investisseur immobilier, promoteur ou marchand de biens.
Définition fiscale du bien neuf
Au sens de la TVA, un immeuble est considéré comme neuf lorsqu'il est achevé depuis moins de cinq ans. Cette définition englobe les constructions nouvelles, les reconstructions (démolition-reconstruction), et les surélévations. L'achèvement s'entend de la date de la déclaration d'achèvement des travaux (DAACT) ou, à défaut, de la date de la première occupation ou mise à disposition du bien. Un immeuble vendu pour la première fois dans les cinq ans suivant son achèvement est soumis obligatoirement à la TVA immobilière.
TVA à 20 % sur les logements neufs
La vente d'un immeuble neuf par un promoteur, un constructeur ou tout assujetti à la TVA est soumise au taux normal de 20 %. La TVA est incluse dans le prix de vente TTC payé par l'acquéreur. Le vendeur collecte la TVA et la reverse à l'État après déduction de la TVA sur ses propres achats (terrain, travaux, honoraires). Pour l'acquéreur particulier, la TVA est un coût définitif non récupérable. Les DMTO sont alors au taux réduit de 0,715 %, ce qui explique les « frais de notaire réduits » dans le neuf.
TVA à 5,5 % : logement social et accession maîtrisée
Un taux réduit de TVA de 5,5 % s'applique aux acquisitions de logements neufs dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et dans une bande de 300 mètres autour de ces quartiers, sous conditions de plafonds de ressources et de prix. Ce dispositif vise à faciliter l'accession à la propriété des ménages modestes. L'acquéreur doit occuper le logement en résidence principale pendant au moins dix ans, sous peine de reversement du différentiel de TVA. Le taux de 5,5 % s'applique aussi aux ventes de logements sociaux aux organismes HLM.
Attention
⚠️ Le taux de TVA réduit à 5,5 % en zone ANRU est soumis à des conditions strictes : plafonds de ressources (barème PLS), plafond de prix au mètre carré, occupation en résidence principale pendant dix ans minimum. Tout manquement entraîne le reversement du différentiel de TVA au prorata des années restantes.
L'ancien exonéré de TVA : le principe
La vente d'un immeuble achevé depuis plus de cinq ans est en principe exonérée de TVA, que le vendeur soit un professionnel ou un particulier. L'acquéreur paie alors les DMTO au taux normal (environ 5,80 %). Cette exonération constitue le régime de droit commun pour la grande majorité des transactions immobilières entre particuliers. Toutefois, un professionnel assujetti à la TVA peut opter pour la soumission volontaire à la TVA sur la vente d'un immeuble ancien.
L'option TVA sur l'ancien : cas des professionnels
Un assujetti à la TVA (marchand de biens, SCI assujettie, promoteur) peut opter pour la TVA lors de la revente d'un bien ancien. Cette option est intéressante lorsque le vendeur a déduit la TVA sur des travaux importants et souhaite éviter une régularisation. L'option se fait dans l'acte de vente et entraîne l'application de la TVA sur le prix total (TVA sur le prix) ou sur la marge (TVA sur la marge), selon les conditions d'acquisition initiales. En cas de TVA sur le prix, l'acquéreur bénéficie des DMTO au taux réduit.
TVA sur la marge : le régime des marchands de biens
La TVA sur la marge s'applique lorsque le bien a été acquis auprès d'un non-assujetti (particulier) sans TVA déductible. La base d'imposition est alors la différence entre le prix de revente et le prix d'acquisition, augmentée des frais accessoires. Si le prix de revente est inférieur au prix d'acquisition, aucune TVA n'est due. Ce régime est très utilisé par les marchands de biens et peut générer des économies significatives sur les opérations d'achat-revente de biens anciens rénovés.
Se faire accompagner par un fiscaliste
Le régime de TVA immobilière est technique et les erreurs peuvent coûter très cher (TVA non récupérable, redressements). Un avocat fiscaliste ou un expert-comptable spécialisé en immobilier peut sécuriser vos opérations et optimiser le choix entre TVA sur le prix et TVA sur la marge. Finalib vous met en relation avec des fiscalistes qualifiés.
Ce qu'il faut retenir
- Un particulier peut-il récupérer la TVA sur un achat neuf ?
- Que se passe-t-il si je revends un bien neuf dans les cinq ans ?
- La TVA s'applique-t-elle aux terrains à bâtir ?
- Comment savoir si un bien est soumis à la TVA ou aux DMTO ?
Questions fréquentes
Mathieu Durand
Expert-comptable & fiscaliste, 15 ans d'expérience
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