En 2026, tout propriétaire bailleur percevant des loyers issus de locations nues doit déclarer ses revenus fonciers à l'administration fiscale. Deux régimes coexistent : le micro-foncier, qui applique un abattement forfaitaire, et le régime réel, qui permet de déduire les charges effectivement supportées. Le choix entre les deux a un impact direct sur l'impôt dû et mérite une analyse chiffrée avant chaque déclaration.
Le régime micro-foncier : simplicité et plafond à 15 000 euros
Le micro-foncier s'applique de plein droit lorsque les revenus fonciers bruts du foyer fiscal ne dépassent pas 15 000 euros par an (article 32 du CGI). Ce seuil s'apprécie tous biens confondus, hors régimes spéciaux (Malraux, monuments historiques). L'administration applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts encaissés, censé couvrir l'ensemble des charges (travaux, assurances, taxe foncière, intérêts d'emprunt).
Concrètement, un propriétaire percevant 12 000 euros de loyers annuels sera imposé sur une base de 8 400 euros (12 000 x 70 %). Avec un taux marginal d'imposition de 30 % et les prélèvements sociaux de 17,2 %, la charge fiscale s'élève à environ 3 965 euros. La déclaration se fait simplement en ligne 4BE du formulaire 2042, sans justificatif de charges.
Le micro-foncier est exclu si le contribuable détient des parts de SCPI ou SCI soumises au régime réel, ou s'il bénéficie d'un dispositif de défiscalisation (Pinel, Denormandie) imposant le régime réel.
Le régime réel : déduire les charges effectives
Le régime réel s'applique obligatoirement au-delà de 15 000 euros de revenus fonciers bruts, ou sur option en dessous de ce seuil. Il permet de déduire l'intégralité des charges déductibles prévues à l'article 31 du CGI : intérêts d'emprunt et frais annexes, primes d'assurance, travaux d'entretien et de réparation, charges de copropriété non récupérables, taxe foncière (hors ordures ménagères), frais de gestion (20 euros forfaitaires par local ou frais réels de mandat).
L'avantage majeur réside dans la possibilité de créer un déficit foncier. Lorsque les charges déductibles excèdent les loyers perçus, le déficit est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an (article 156-I-3° du CGI). L'excédent est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Attention : les intérêts d'emprunt ne peuvent générer un déficit imputable que sur les revenus fonciers, jamais sur le revenu global.
L'option pour le réel engage le contribuable pour une durée minimale de trois ans. Il est donc conseillé de projeter les charges sur cette période avant de s'engager.
Quand choisir le réel plutôt que le micro-foncier ?
La règle de base est arithmétique : si vos charges réelles dépassent 30 % de vos loyers bruts, le régime réel est plus avantageux. C'est fréquemment le cas dans les situations suivantes : acquisition récente financée à crédit (les intérêts représentent souvent 15 à 25 % des loyers les premières années), immeuble ancien nécessitant des travaux importants, copropriété avec charges élevées.
Exemple chiffré : pour 14 000 euros de loyers annuels avec 6 500 euros de charges réelles (intérêts : 3 200 euros, travaux : 2 000 euros, taxe foncière : 1 300 euros), le micro-foncier impose sur 9 800 euros (14 000 x 70 %) tandis que le réel impose sur 7 500 euros (14 000 - 6 500). L'économie au réel atteint environ 1 085 euros d'impôt pour un TMI à 30 % avec prélèvements sociaux.
Un [simulateur fiscal](/simulateurs/impot-revenu) permet de comparer rapidement les deux options avec vos données réelles.
Déclaration 2026 : les points de vigilance
La déclaration des revenus fonciers 2025 (campagne 2026) s'effectue via le formulaire 2044 pour le régime réel. Les contribuables doivent conserver les justificatifs pendant trois ans. Les travaux d'amélioration réalisés dans le cadre de la rénovation énergétique restent déductibles au régime réel, ce qui peut se cumuler avec certaines aides publiques sous conditions.
Pour les propriétaires de [biens locatifs en SCI à l'IR](/blog/fiscalite), le régime réel est obligatoire quelle que soit la quote-part de revenus fonciers. La déclaration s'effectue alors via le formulaire 2072 au niveau de la société, puis chaque associé reporte sa quote-part sur sa déclaration personnelle.
FAQ
Peut-on revenir au micro-foncier après avoir opté pour le réel ?
Oui, mais seulement après l'expiration de la période d'engagement de trois ans. À l'issue de cette période, si les revenus fonciers bruts restent inférieurs à 15 000 euros, le contribuable peut rebasculer automatiquement en micro-foncier en ne remplissant plus le formulaire 2044.
Le déficit foncier est-il cumulable avec d'autres dispositifs ?
Le déficit foncier issu du régime réel est compatible avec la plupart des dispositifs existants. En revanche, les biens soumis à un régime spécial (Pinel, Denormandie) suivent leurs propres règles de déduction. Le plafond de 10 700 euros d'imputation sur le revenu global s'applique tous biens confondus.
Les revenus de SCPI relèvent-ils du micro-foncier ?
Les revenus de SCPI sont bien des revenus fonciers et entrent dans le calcul du seuil de 15 000 euros. Toutefois, si la SCPI elle-même opte pour le réel, l'associé doit suivre le même régime pour l'ensemble de ses revenus fonciers, ce qui exclut le micro-foncier.
Sophie Martin
Avocate fiscaliste
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