Ce qu'il faut retenir
- Le régime mère-fille s'applique-t-il aux dividendes étrangers ?
- Peut-on cumuler le régime mère-fille avec le PFU sur les dividendes ?
- Que se passe-t-il si la détention descend sous 5 % ?
Le principe du régime mère-fille
Le régime mère-fille, prévu aux articles 145 et 216 du Code général des impôts, permet à une société mère de bénéficier d'une exonération quasi totale des dividendes reçus de ses filiales. Concrètement, les dividendes sont exonérés d'impôt sur les sociétés à hauteur de 95 %, seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant réintégrée dans le résultat imposable de la mère. Ce dispositif évite la double imposition économique des bénéfices au niveau du groupe et constitue le fondement fiscal de la structuration en holding.
À retenir
ℹ️ En pratique, le taux effectif d'imposition sur les dividendes remontés est de 1,25 % (5 % × 25 % d'IS) au lieu de 25 % sans le régime mère-fille. Cette quasi-exonération rend le régime mère-fille indispensable pour toute structure de groupe ou holding.
Les conditions d'application
- La société mère doit être soumise à l'IS (de plein droit ou sur option)
- La participation dans la filiale doit représenter au moins 5 % du capital social
- Les titres de la filiale doivent être détenus en pleine propriété (l'usufruit seul ne suffit pas)
- Les titres doivent être conservés pendant au moins 2 ans (engagement de conservation)
- La société mère doit opter expressément pour le régime en cochant la case correspondante sur sa déclaration de résultat (formulaire 2058-A)
La quote-part de frais et charges de 5 %
La seule contrepartie fiscale du régime mère-fille est la réintégration dans le résultat imposable de la société mère d'une quote-part de frais et charges fixée forfaitairement à 5 % du produit total des participations (dividendes bruts, y compris le précompte éventuellement remboursé). Cette quote-part est réputée couvrir les frais de gestion de la participation. Elle est calculée sur le montant brut des dividendes reçus et ne peut pas être réduite en prouvant que les frais réels sont inférieurs.
Exemple chiffré
Une holding SAS détient 100 % d'une filiale SARL qui distribue 100 000 € de dividendes. Avec le régime mère-fille : 95 000 € sont exonérés d'IS, 5 000 € (quote-part de frais et charges) sont réintégrés au résultat imposable. L'IS sur cette quote-part est de 5 000 € × 25 % = 1 250 €. Sans le régime mère-fille, l'IS serait de 100 000 € × 25 % = 25 000 €. L'économie est donc de 23 750 € par an sur cette seule distribution.
Cas d'exclusion et limites du régime
Le régime mère-fille ne s'applique pas aux titres détenus en usufruit, aux titres de sociétés situées dans des États ou territoires non coopératifs (ETNC), ni aux dividendes distribués par des sociétés bénéficiant d'un régime fiscal privilégié (taux d'imposition local inférieur à 60 % du taux français). De plus, l'engagement de conservation de 2 ans est une condition stricte : si les titres sont cédés avant l'expiration du délai, les dividendes précédemment exonérés sont réintégrés dans le résultat imposable de la société mère, majorés des intérêts de retard.
Attention
⚠️ La clause anti-abus européenne (directive ATAD transposée en droit français) peut remettre en cause le bénéfice du régime mère-fille si la participation dans la filiale est détenue dans le seul but d'obtenir l'avantage fiscal, sans substance économique réelle.
Régime mère-fille vs intégration fiscale
Le régime mère-fille et l'intégration fiscale (régime de groupe, article 223 A du CGI) sont deux mécanismes distincts mais complémentaires. L'intégration fiscale nécessite une détention d'au moins 95 % et permet la compensation des résultats (profits et pertes) entre les sociétés du groupe. Le régime mère-fille, plus accessible (5 % de détention), se limite à l'exonération des dividendes. En intégration fiscale, les dividendes intragroupe sont neutralisés à 99 % (quote-part ramenée à 1 %). Le choix entre les deux régimes dépend du taux de détention et de la stratégie du groupe.
Comment mettre en place le régime mère-fille
La mise en place du régime mère-fille est relativement simple sur le plan procédural mais nécessite une attention particulière lors de la déclaration de résultat. L'option se matérialise par la mention sur le tableau 2058-A de la liasse fiscale. Il est recommandé de vérifier chaque année que les conditions sont toujours remplies (taux de détention, durée de conservation, situation fiscale de la filiale). Un fiscaliste ou un expert-comptable peut s'assurer de la bonne application du régime et optimiser la politique de distribution au sein du groupe.
Ce qu'il faut retenir
- Le régime mère-fille s'applique-t-il aux dividendes étrangers ?
- Peut-on cumuler le régime mère-fille avec le PFU sur les dividendes ?
- Que se passe-t-il si la détention descend sous 5 % ?
Questions fréquentes
Sophie Martin
Avocate fiscaliste, barreau de Paris
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