Lorsque vous vendez des actions, des parts de fonds ou des ETF avec un gain, ce gain constitue une plus-value mobilière soumise à l'impôt. En 2026, le régime par défaut est le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, mais l'option pour le barème progressif avec abattement pour durée de détention peut être plus avantageuse dans certains cas. Voici comment calculer votre plus-value, choisir le bon régime fiscal et optimiser votre imposition.
Comment calculer une plus-value mobilière ?
La plus-value brute se calcule simplement :
Plus-value = Prix de cession - Prix d'acquisition
Le prix de cession est le montant net perçu, après déduction des frais de courtage et de la taxe sur les transactions financières (TTF de 0,3 % sur les actions françaises de grandes capitalisations).
Le prix d'acquisition (ou prix de revient) comprend le prix d'achat majoré des frais d'acquisition (frais de courtage à l'achat). Si vous avez acquis les mêmes titres à des dates et prix différents, la méthode du prix moyen pondéré (PMP) s'applique obligatoirement : vous calculez la moyenne pondérée de tous vos prix d'achat successifs.
Exemple : vous avez acheté 100 actions à 50 € puis 50 actions à 80 €. Le PMP est de (100 x 50 + 50 x 80) / 150 = 60 €. Si vous vendez 80 actions à 90 €, votre plus-value est de 80 x (90 - 60) = 2 400 €.
Le régime par défaut : le PFU à 30 %
Depuis 2018, les plus-values mobilières sont soumises par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) :
- 12,8 % d'impôt sur le revenu
- 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG 9,2 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %)
- Total : 30 %
Ce régime est simple : pas d'abattement, pas de calcul complexe. Sur une plus-value de 10 000 €, vous payez 3 000 € d'impôt et prélèvements sociaux.
Le PFU s'applique automatiquement. Pour en bénéficier, il n'y a rien à faire de particulier sur votre déclaration de revenus. Les plus-values sont reportées sur le formulaire 2074 (détail des cessions) et apparaissent sur la déclaration 2042 en case 3VG.
L'option barème progressif avec abattement pour durée de détention
Si vous détenez des titres acquis avant le 1er janvier 2018, vous pouvez opter pour le barème progressif de l'IR et bénéficier d'un abattement pour durée de détention :
| Durée de détention | Abattement de droit commun | Abattement renforcé (PME < 10 ans) |
|---|---|---|
| Moins de 2 ans | 0 % | 0 % |
| 2 à 8 ans | 50 % | 50 % |
| Au-delà de 8 ans | 65 % | 85 % |
Important : ces abattements ne s'appliquent qu'aux titres acquis avant le 1er janvier 2018. Pour les titres acquis à partir de cette date, aucun abattement n'est disponible, que vous choisissiez le PFU ou le barème.
L'abattement réduit uniquement la base imposable à l'IR. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent toujours sur la plus-value brute (sans abattement).
Exemple chiffré : vous vendez des actions acquises en 2012 (plus de 8 ans de détention) avec une plus-value de 20 000 €. Au PFU : 20 000 x 30 % = 6 000 €. Au barème avec abattement 65 % et TMI 11 % : IR = 20 000 x 35 % x 11 % = 770 € + PS = 20 000 x 17,2 % = 3 440 € = 4 210 €. Économie de 1 790 € en choisissant le barème.
L'imputation des moins-values : un levier d'optimisation
Les moins-values mobilières (pertes réalisées lors de la vente de titres) sont imputables sur les plus-values de même nature réalisées la même année ou pendant les 10 années suivantes (article 150-0 D-11 du CGI).
Stratégies d'optimisation :
- Purger les moins-values latentes : si vous avez des titres en perte, les vendre avant le 31 décembre permet de cristalliser la moins-value et de la reporter sur les gains futurs.
- Compenser les gains de l'année : si vous réalisez une plus-value importante, vendez dans la même année des titres en perte pour réduire votre base imposable.
- Racheter après la vente : aucun délai de carence n'existe en France (contrairement à la règle du "wash sale" aux États-Unis). Vous pouvez vendre un titre en perte et le racheter immédiatement.
Attention : les moins-values s'imputent sur les plus-values avant application de l'abattement pour durée de détention. L'ordre d'imputation est donc important.
Pour simuler l'impact fiscal de vos cessions, utilisez les [simulateurs Finalib](/outils).
Cas particuliers en 2026
Cession de titres de PME (abattement renforcé) : si les titres cédés sont des actions de PME de moins de 10 ans au moment de la souscription, l'abattement renforcé s'applique (85 % après 8 ans). Cette mesure vise à encourager l'investissement dans les jeunes entreprises.
Exit tax : les contribuables qui transfèrent leur domicile fiscal hors de France avec un portefeuille de plus de 800 000 € ou représentant plus de 50 % des bénéfices d'une société sont soumis à l'exit tax (article 167 bis du CGI). Un sursis de paiement est accordé en cas de transfert dans l'UE/EEE.
PEA : les plus-values réalisées dans un PEA de plus de 5 ans sont exonérées d'IR (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent). Le PEA reste le cadre fiscal le plus avantageux pour les actions européennes. Consultez notre [comparatif CTO vs PEA](/blog/patrimoine-epargne) pour optimiser votre allocation.
FAQ
Les moins-values sont-elles reportables et comment les déclarer ?
Oui, les moins-values mobilières non imputées sur les plus-values de l'année sont reportables pendant 10 ans. Elles doivent être déclarées sur le formulaire 2074 l'année de leur réalisation, puis reportées chaque année en case 3VH de la déclaration 2042. L'administration fiscale ne fait pas le suivi automatique : c'est au contribuable de reporter ses moins-values chaque année. Si vous oubliez de les déclarer une année, elles sont perdues.
Comment sont imposées les plus-values sur les cryptomonnaies en 2026 ?
Les plus-values sur les actifs numériques (Bitcoin, Ethereum, etc.) suivent un régime spécifique depuis 2023. Elles sont soumises au PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) pour les cessions occasionnelles. L'option pour le barème progressif est possible mais sans abattement pour durée de détention. Le fait générateur est la cession contre une monnaie ayant cours légal (euro, dollar) ou l'achat d'un bien/service. Les échanges crypto-crypto ne sont pas imposables. Le seuil de cession de 305 €/an en-dessous duquel les gains étaient exonérés a été supprimé depuis 2023.
Faut-il déclarer les plus-values réalisées sur un compte-titres étranger ?
Oui, obligatoirement. Les plus-values réalisées sur un compte-titres détenu chez un courtier étranger (Trade Republic, DEGIRO, Interactive Brokers) doivent être déclarées sur les formulaires 2074 (détail des cessions) et 2047 (revenus de source étrangère). Le compte lui-même doit être déclaré via le formulaire 3916. L'omission de déclaration d'un compte étranger est sanctionnée par une amende de 1 500 € par compte et par année non déclarée. Consultez un [conseiller fiscal](/experts) pour sécuriser vos déclarations.
Sophie Martin
Avocate fiscaliste, 12 ans d'expérience
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