Ce qu'il faut retenir
- L'échange d'un NFT contre un autre NFT est-il imposable ?
- Comment sont imposés les airdrops de NFT ?
- Les pertes sur NFT sont-elles déductibles ?
- Quel est le risque en cas de non-déclaration de NFT ?
Les NFT (Non-Fungible Tokens) ont connu une explosion en 2021-2022 avec des ventes dépassant 25 milliards de dollars au niveau mondial. En France, l'administration fiscale a progressivement précisé le traitement fiscal de ces actifs numériques singuliers. Contrairement aux cryptomonnaies classiques, les NFT posent des questions spécifiques liées à leur nature unique : œuvre d'art numérique, titre de propriété virtuel, objet de collection. Le régime fiscal applicable dépend directement de la qualification retenue, ce qui crée une complexité notable pour les contribuables.
Qualification juridique du NFT en droit français
En droit français, le NFT est considéré comme un actif numérique au sens de l'article L. 54-10-1 du Code monétaire et financier lorsqu'il est émis sur une blockchain et qu'il représente un droit de propriété numérique. L'administration fiscale distingue toutefois plusieurs catégories selon la nature sous-jacente du NFT. Un NFT représentant une œuvre d'art numérique peut relever du régime des œuvres d'art (taxe forfaitaire de 6,5 % ou régime des plus-values de cession de biens meubles avec abattement de 5 % par an au-delà de la 2e année). Un NFT à vocation purement spéculative relève du régime des actifs numériques (flat tax de 30 %).
Régime fiscal des plus-values sur NFT
Depuis la loi de finances pour 2022, les cessions de NFT réalisées par des particuliers dans un cadre non professionnel sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux). Ce régime s'applique dès lors que le total des cessions d'actifs numériques de l'année dépasse 305 euros. La plus-value imposable se calcule en soustrayant le prix d'acquisition (y compris les gas fees) du prix de cession. L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu est possible si elle est plus favorable.
À retenir
ℹ️ Depuis 2023, les contribuables peuvent opter pour le barème progressif de l'IR au lieu du PFU de 30 %, ce qui peut être avantageux pour les revenus modestes. Cette option est globale et s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers.
Cas particulier : le créateur de NFT
Le créateur (artiste, développeur) qui vend ses propres NFT relève d'un régime fiscal différent. Les revenus tirés de la vente initiale sont qualifiés de BNC (bénéfices non commerciaux) s'il exerce à titre indépendant, ou de BIC (bénéfices industriels et commerciaux) s'il agit dans un cadre commercial. Les royalties perçues sur les reventes secondaires constituent également des revenus imposables. Le créateur peut bénéficier du régime micro-BNC (abattement de 34 %) si ses recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 euros, ou opter pour le régime réel pour déduire ses charges effectives.
Obligations déclaratives
- Déclarer les comptes d'actifs numériques ouverts à l'étranger (formulaire 3916-bis) sous peine d'une amende de 750 euros par compte non déclaré
- Reporter les plus-values sur le formulaire 2086 annexé à la déclaration de revenus
- Conserver les justificatifs de chaque transaction (date, montant, gas fees, plateforme) pendant au moins 3 ans
- Déclarer les échanges NFT-cryptomonnaie comme des cessions imposables
TVA et NFT
La question de la TVA sur les NFT reste complexe. La Commission européenne a proposé en décembre 2022 d'assimiler les NFT à des services fournis par voie électronique, soumis à la TVA au taux normal (20 % en France). En pratique, les plateformes de vente de NFT établies hors UE ne collectent pas toujours la TVA. Pour les créateurs français assujettis à la TVA, la vente de NFT est en principe soumise à la TVA au taux de 20 %, sauf si le NFT représente une œuvre d'art originale (taux réduit de 5,5 % possible).
Se faire accompagner
La fiscalité des NFT évolue rapidement et les erreurs de qualification peuvent entraîner des redressements significatifs. Finalib vous met en relation avec des avocats fiscalistes spécialisés en actifs numériques pour optimiser votre déclaration et sécuriser vos opérations.
Ce qu'il faut retenir
- L'échange d'un NFT contre un autre NFT est-il imposable ?
- Comment sont imposés les airdrops de NFT ?
- Les pertes sur NFT sont-elles déductibles ?
- Quel est le risque en cas de non-déclaration de NFT ?
Questions fréquentes
Sophie Martin
Avocate fiscaliste, barreau de Paris
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