Le PFU : le régime par défaut
Depuis 2018, le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) s'applique automatiquement à tous les revenus de capitaux mobiliers : dividendes, intérêts, plus-values mobilières, gains d'assurance-vie, plus-values crypto. Taux 2026 : 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS). Simple, uniforme, pas de calcul.
Quand le barème progressif est-il préférable ?
Si votre TMI est ≤ 11 %, le barème est quasi-systématiquement meilleur. À TMI 11 % + PS 18,6 % = 29,6 % (vs 31,4 % au PFU). Pour les dividendes : abattement de 40 % au barème (pas au PFU). Dividendes au barème TMI 11 % : (11 % × 60 %) + 18,6 % = 25,2 %. Dividendes au PFU : 31,4 %. Économie : 6,2 points.
Le piège de l'option globale
L'option pour le barème est GLOBALE : elle s'applique à TOUS vos revenus de capitaux mobiliers de l'année (dividendes + intérêts + plus-values). Vous ne pouvez pas choisir le PFU pour les intérêts et le barème pour les dividendes. Si vous avez des intérêts élevés (sans abattement au barème), le barème peut être défavorable malgré l'avantage sur les dividendes.
Simulation comparée (TMI 11 %, dividendes 5 000 €)
PFU : 5 000 × 31,4 % = 1 570 €.
Barème : (5 000 × 60 % × 11 %) + (5 000 × 18,6 %) = 330 + 930 = 1 260 €.
Économie : 310 € (20 % de moins).
Simulation comparée (TMI 30 %, dividendes 10 000 €)
PFU : 10 000 × 31,4 % = 3 140 €.
Barème : (10 000 × 60 % × 30 %) + (10 000 × 18,6 %) = 1 800 + 1 860 = 3 660 €.
Le PFU est préférable de 520 €.
Règle simplifiée
TMI 0 % ou 11 % : barème préférable (surtout pour les dividendes).
TMI 30 % : PFU préférable dans la plupart des cas.
TMI 41 % ou 45 % : PFU largement préférable.
Cas limite à TMI 14-20 % (barème appliqué à la tranche réelle) : simulez les deux options.
Comment opter ?
Cochez la case 2OP de votre déclaration de revenus (formulaire 2042). L'option est annuelle : vous pouvez choisir le barème cette année et revenir au PFU l'année suivante.
Tableau récapitulatif complet par TMI
| TMI | Dividendes au PFU | Dividendes au barème | Intérêts au PFU | Intérêts au barème | Recommandation |
|---|---|---|---|---|---|
| 0 % | 31,4 % | 18,6 % | 31,4 % | 18,6 % | Barème |
| 11 % | 31,4 % | 25,2 % | 31,4 % | 29,6 % | Barème |
| 30 % | 31,4 % | 36,6 % | 31,4 % | 48,6 % | PFU |
| 41 % | 31,4 % | 43,2 % | 31,4 % | 59,6 % | PFU |
| 45 % | 31,4 % | 45,6 % | 31,4 % | 63,6 % | PFU |
Note : au barème, les dividendes bénéficient de l'abattement de 40 %. Les intérêts n'ont aucun abattement au barème, ce qui explique l'écart important aux TMI élevées.
Le cas particulier des plus-values mobilières
Les plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, obligations, parts de fonds) suivent la même logique :
- Au PFU : 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS). Pas d'abattement pour durée de détention.
- Au barème : TMI + 18,6 % PS, mais avec des abattements pour durée de détention pour les titres acquis avant 2018 (50 % après 2 ans, 65 % après 8 ans).
Si vous détenez des titres acquis avant 2018 depuis plus de 8 ans et que votre TMI est ≤ 30 %, le barème avec abattement de 65 % peut être très avantageux : (30 % × 35 %) + 18,6 % = 29,1 % (contre 31,4 % au PFU).
Pour les titres acquis après 2018, il n'y a plus d'abattement au barème : le PFU est presque toujours préférable dès TMI 30 %.
La CSG déductible : un avantage caché du barème
En optant pour le barème, 6,80 % de CSG est déductible de votre revenu imposable de l'année suivante. Cet avantage est souvent oublié dans les simulations simplifiées.
Exemple : vous percevez 10 000 € de dividendes et optez pour le barème. La CSG déductible est de 10 000 × 6,80 % = 680 €. À TMI 11 %, cela génère une économie supplémentaire de 680 × 11 % = 75 € l'année suivante. À TMI 30 %, l'économie serait de 204 €, mais elle ne compense pas le surcoût du barème à ce niveau de TMI.
Cas pratique : un retraité avec des dividendes et des intérêts
M. Dupont, retraité, perçoit 2 000 € de pension mensuelle (TMI 11 %). Il détient aussi :
- 8 000 € de dividendes d'actions françaises
- 3 000 € d'intérêts de livrets fiscalisés
Option PFU : (8 000 + 3 000) × 31,4 % = 3 454 €
Option barème :
- Dividendes : (8 000 × 60 % × 11 %) + (8 000 × 18,6 %) = 528 + 1 488 = 2 016 €
- Intérêts : (3 000 × 11 %) + (3 000 × 18,6 %) = 330 + 558 = 888 €
- Total : 2 904 €
Économie en optant pour le barème : 550 €. Dans ce cas précis, le barème est nettement préférable car la TMI est basse et les dividendes (avec abattement de 40 %) représentent la majorité des revenus financiers.
Questions fréquentes
L'option pour le barème est-elle irrévocable ?
Non, l'option est annuelle. Vous pouvez opter pour le barème une année et revenir au PFU l'année suivante. Il suffit de cocher (ou décocher) la case 2OP.
La CSG déductible s'applique-t-elle au PFU ?
Non, au PFU la CSG n'est PAS déductible (elle est incluse dans le taux forfaitaire). Au barème, 6,80 % de CSG est déductible du revenu imposable l'année suivante. C'est un avantage supplémentaire du barème pour les faibles TMI.
Comment savoir quel régime choisir sans faire de simulation ?
En règle générale : si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 27 478 € (célibataire) ou 54 956 € (couple), votre TMI est de 11 % ou moins et le barème est probablement avantageux. Au-delà, le PFU est presque toujours préférable. En cas de doute, simulez les deux options sur impots.gouv.fr avant de valider votre déclaration.
Sophie Martin
Avocate fiscaliste, 12 ans d'expérience
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