Depuis 2018, les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values mobilières) sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, aussi appelé flat tax. Mais ce choix n'est pas toujours le plus avantageux. En 2026, vous pouvez toujours opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, une option qui peut vous faire économiser plusieurs centaines d'euros si votre taux marginal d'imposition est faible. Voici comment trancher.
PFU vs barème progressif : comprendre les deux options
Le PFU (prélèvement forfaitaire unique) s'applique par défaut à tous les revenus de capitaux mobiliers. Il se décompose en :
- 12,8 % d'impôt sur le revenu
- 17,2 % de prélèvements sociaux
- Total : 30 % (parfois noté 31,4 % quand on inclut la CEHR pour les très hauts revenus)
Le barème progressif soumet vos revenus du capital au même barème que vos revenus d'activité (tranches de 0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %), auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. En contrepartie, vous bénéficiez :
- D'un abattement de 40 % sur les dividendes (article 158-3-2° du CGI)
- D'une déduction partielle de la CSG à hauteur de 6,8 % de votre revenu global
- D'un éventuel abattement pour durée de détention sur les plus-values de titres acquis avant le 1er janvier 2018
Le calcul selon votre TMI : qui gagne ?
Le choix dépend principalement de votre tranche marginale d'imposition (TMI). Voici la comparaison pour 1 000 € de dividendes perçus en 2026 :
| TMI | PFU (impôt total) | Barème progressif (avec abattement 40 % dividendes) | Option la plus avantageuse |
|---|---|---|---|
| 0 % | 300 € (30 %) | 172 € (17,2 % PS uniquement) | Barème : économie de 128 € |
| 11 % | 300 € (30 %) | 238 € (11 % sur 600 € + 17,2 % PS - déduction CSG) | Barème : économie de 62 € |
| 30 % | 300 € (30 %) | 352 € (30 % sur 600 € + 17,2 % PS - déduction CSG) | PFU : économie de 52 € |
| 41 % | 300 € (30 %) | 418 € | PFU : économie de 118 € |
| 45 % | 300 € (30 %) | 442 € | PFU : économie de 142 € |
La règle simple : si votre TMI est de 0 % ou 11 %, le barème progressif est presque toujours plus avantageux. À partir de 30 %, le PFU l'emporte dans la grande majorité des cas.
Attention : le choix est global et annuel
Deux règles fondamentales encadrent cette option :
Le choix est global : si vous optez pour le barème progressif, cette option s'applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers de l'année : dividendes, intérêts de comptes, plus-values mobilières, gains d'assurance-vie. Vous ne pouvez pas choisir le PFU pour vos dividendes et le barème pour vos intérêts. C'est tout ou rien.
Le choix est annuel : vous pouvez changer d'option chaque année, au moment de la déclaration de revenus (case 2OP à cocher pour opter pour le barème). Si vous ne cochez rien, le PFU s'applique par défaut. L'option est révocable jusqu'à la date limite de dépôt de la déclaration.
Cette globalité peut créer des situations complexes. Par exemple, si vous avez à la fois des dividendes importants (où le barème serait avantageux grâce à l'abattement de 40 %) et des plus-values élevées (où le PFU serait préférable), il faut simuler les deux scénarios dans leur ensemble pour déterminer le choix optimal.
Les cas particuliers à connaître en 2026
Dividendes et abattement de 40 % : cet abattement ne s'applique qu'en cas d'option pour le barème progressif. Au PFU, les dividendes sont imposés sur leur montant brut. C'est ce qui rend le barème compétitif même à des TMI relativement élevés pour les contribuables dont les revenus du capital sont essentiellement des dividendes.
Plus-values sur titres acquis avant 2018 : un abattement pour durée de détention (50 % entre 2 et 8 ans, 65 % au-delà de 8 ans) reste applicable en cas d'option pour le barème. Cet abattement n'existe pas au PFU. Si vous détenez des titres anciens avec une forte plus-value latente, le barème peut être plus avantageux même avec un TMI de 30 %.
Assurance-vie : les gains des contrats de plus de 8 ans bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) avant application du PFU ou du barème. Si vos gains annuels restent sous ces seuils, le choix PFU/barème n'a pas d'impact sur cette poche.
Revenus fonciers : ils ne sont pas concernés par le PFU. Les revenus fonciers sont toujours imposés au barème progressif + prélèvements sociaux. Le choix PFU/barème ne les affecte pas.
Pour simuler votre situation personnelle, utilisez les [simulateurs fiscaux Finalib](/outils).
FAQ
Peut-on choisir le PFU pour les dividendes et le barème pour les intérêts ?
Non, c'est impossible. L'option pour le barème progressif est globale et s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values de cession de valeurs mobilières de l'année. C'est une règle posée par l'article 200 A du CGI. Si vous avez des sources de revenus du capital variées, la seule solution est de simuler les deux options dans leur globalité et de choisir celle qui génère l'impôt total le plus faible.
Comment faire le choix sur la déclaration de revenus ?
Sur la déclaration de revenus (formulaire 2042), il suffit de cocher la case 2OP pour opter pour le barème progressif. Si vous ne cochez rien, le PFU s'applique automatiquement. Vous pouvez modifier ce choix jusqu'à la date limite de déclaration, y compris en déclaration corrective. Le service des impôts recommande de simuler les deux options via le simulateur officiel impots.gouv.fr avant de valider.
Le PFU s'applique-t-il aux revenus de SCPI ou de crowdfunding immobilier ?
Non. Les revenus issus de SCPI sont des revenus fonciers, imposés au barème progressif + 17,2 % de PS, hors champ du PFU. De même, les intérêts perçus via des plateformes de crowdfunding immobilier (prêts participatifs) sont des revenus de créances, soumis au PFU par défaut, mais éligibles à l'option barème. En revanche, les revenus de crowdfunding en equity (dividendes ou plus-values) suivent les mêmes règles que les autres revenus mobiliers. Consultez un [avocat fiscaliste](/experts) pour optimiser votre déclaration.
Sophie Martin
Avocate fiscaliste
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