Exit tax 2026 : le mécanisme en détail
L'exit tax est un dispositif fiscal français qui impose les plus-values latentes sur les participations détenues par un contribuable au moment où il transfère son domicile fiscal hors de France. En 2026, le seuil de déclenchement reste fixé à 800 000 euros de participations ou à une détention supérieure à 50 % du capital d'une société.
Le taux applicable est le PFU de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), soit un taux global de 30 % sur la plus-value latente constatée. Un sursis de paiement est accordé automatiquement pour les départs vers un pays de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen. Pour les autres destinations, un sursis peut être demandé sous conditions de garanties.
La libération intervient après 5 ans de résidence à l'étranger : si le contribuable n'a pas cédé ses titres, l'impôt est définitivement annulé. En cas de cession avant ce délai, l'impôt devient exigible.
Choisir son pays d'accueil : comparatif fiscal 2026
Le choix du pays d'expatriation dépend de plusieurs critères fiscaux : impôt sur le revenu, taxation des plus-values, droits de succession et existence d'une convention fiscale avec la France.
| Pays | IR maximum | Plus-values mobilières | Succession | Convention avec France |
|---|---|---|---|---|
| Portugal | 48 % (ex-NHR : régime transitoire 20 %) | 28 % | 0 % (ligne directe exonérée) | Oui |
| Suisse | ~35 % (cantonal) | 0 % (privé) | Selon canton (0 à 7 %) | Oui |
| Dubaï (EAU) | 0 % | 0 % | 0 % | Oui (limitée) |
| Luxembourg | 42 % | 0 % après 6 mois | Selon lien (0 à 48 %) | Oui |
| Belgique | 50 % | 0 % (gestion normale) | 3 à 30 % (région) | Oui |
| Italie | 43 % (régime impatrié 50-90 % exo) | 26 % | 4 à 8 % | Oui |
Le Portugal a supprimé le statut NHR classique fin 2023, mais un régime transitoire subsiste pour les personnes ayant obtenu le statut avant cette date. Un nouveau régime d'incitation fiscale pour les travailleurs qualifiés existe depuis 2024.
Domicile fiscal : les critères déterminants
L'administration fiscale française utilise quatre critères cumulatifs pour déterminer le domicile fiscal (article 4 B du CGI) :
- Foyer ou lieu de séjour principal : le conjoint et les enfants restent-ils en France ?
- Activité professionnelle principale : où est exercée l'activité générant l'essentiel des revenus ?
- Centre des intérêts économiques : où se situent les principaux investissements et revenus ?
- Séjour de 183 jours ou plus en France sur une année civile
Un seul critère suffit pour être considéré comme résident fiscal français. Il est donc essentiel de rompre clairement les liens : déménagement effectif, transfert de l'activité, changement d'adresse bancaire et fiscale.
Checklist avant le départ
- Vérifier la convention fiscale bilatérale entre la France et le pays cible pour éviter la double imposition
- Déclarer le transfert de domicile au centre des impôts (formulaire 2042-NR l'année du départ)
- Évaluer l'exit tax : faire estimer les plus-values latentes par un professionnel
- Adapter les placements : le [PEA](/blog/pea-2026-guide-complet) est conservable mais sans nouveaux versements hors UE ; l'[assurance-vie](/blog/assurance-vie-2026-guide) reste ouverte
- Anticiper la couverture sociale : CFE (Caisse des Français de l'étranger) ou système local
- Constituer les garanties si sursis de paiement demandé hors UE
Un [fiscaliste spécialisé en expatriation](/professions/avocat-fiscaliste) est indispensable pour sécuriser le départ et optimiser la structuration patrimoniale. Consultez aussi notre guide sur la [gestion de patrimoine pour expatriés](/blog/gestion-patrimoine-expatrie-2026-guide).
FAQ
Comment éviter la double imposition ?
Grâce aux conventions fiscales bilatérales signées par la France avec plus de 125 pays. Le mécanisme le plus courant est le crédit d'impôt : l'impôt payé dans le pays source est déduit de l'impôt dû dans le pays de résidence. Si aucune convention n'existe, la double imposition peut effectivement s'appliquer.
Peut-on revenir en France après une expatriation ?
Oui, sans aucune pénalité. Le retour en France rétablit le domicile fiscal français. Si l'exit tax n'a pas encore été libérée (moins de 5 ans d'absence), elle est mise en sursis jusqu'à un nouveau départ éventuel. Après 5 ans à l'étranger sans cession des titres, l'exit tax est définitivement éteinte même en cas de retour.
L'expatriation à Dubaï est-elle toujours avantageuse en 2026 ?
Dubaï reste à 0 % d'IR et de taxation des plus-values. Cependant, les EAU ont introduit un impôt sur les sociétés de 9 % depuis 2023 pour les bénéfices supérieurs à 375 000 AED. Pour les particuliers, la fiscalité reste nulle. Le coût de la vie élevé et l'éloignement géographique doivent être intégrés dans le calcul global.
Sophie Martin
Avocate fiscaliste
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