Ce qu'il faut retenir
- Peut-on déduire les intérêts d'un prêt personnel utilisé pour un investissement locatif ?
- Les intérêts sont-ils déductibles au régime micro-foncier ?
- Peut-on déduire les intérêts d'un prêt in fine ?
- Les intérêts intercalaires pendant la construction sont-ils déductibles ?
Les intérêts d'emprunt constituent l'une des charges déductibles les plus importantes pour les investisseurs immobiliers locatifs. Leur déduction permet de réduire significativement la base imposable des revenus locatifs et, dans certains cas, de créer un déficit foncier imputable sur le revenu global. Cependant, les règles de déduction varient considérablement selon le régime fiscal choisi : revenus fonciers (location nue), BIC (location meublée LMNP/LMP) ou impôt sur les sociétés (SCI à l'IS).
La déduction en revenus fonciers (location nue)
En location nue au régime réel, les intérêts d'emprunt sont intégralement déductibles des revenus fonciers bruts, sans plafond. Cette déduction concerne les intérêts du prêt contracté pour l'acquisition du bien, mais aussi les intérêts des prêts pour travaux d'amélioration, de construction, de reconstruction ou d'agrandissement. Les frais accessoires au prêt sont également déductibles : frais de dossier bancaire, frais de garantie (hypothèque, caution), assurance emprunteur, pénalités de remboursement anticipé.
Le déficit foncier créé par les intérêts d'emprunt
Si les charges déductibles (dont les intérêts d'emprunt) dépassent les revenus fonciers bruts, un déficit foncier est créé. La fraction du déficit provenant des charges autres que les intérêts d'emprunt est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an (21 400 euros pour les travaux de rénovation énergétique jusqu'en 2025). La fraction du déficit provenant des intérêts d'emprunt est imputable uniquement sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Cette distinction est importante pour optimiser l'imputation du déficit.
À retenir
ℹ️ Les intérêts d'emprunt ne créent jamais de déficit imputable sur le revenu global. Seules les autres charges (travaux, assurance, gestion) permettent de réduire le revenu global dans la limite de 10 700 euros. Les intérêts d'emprunt excédentaires sont reportables uniquement sur les revenus fonciers futurs pendant dix ans.
La déduction en LMNP au régime réel
En location meublée non professionnelle (LMNP) au régime réel simplifié, les intérêts d'emprunt sont déductibles du résultat BIC au même titre que toutes les charges d'exploitation. Ils s'ajoutent à l'amortissement du bien et du mobilier pour réduire le bénéfice imposable. À la différence du régime foncier, le déficit LMNP n'est pas imputable sur le revenu global mais reportable uniquement sur les revenus de même nature (BIC de location meublée) pendant dix ans. L'absence de plafond d'amortissement rend le régime LMNP très favorable.
La déduction en SCI à l'IS
Dans une SCI soumise à l'impôt sur les sociétés, les intérêts d'emprunt sont déductibles du résultat fiscal sans limitation, sous réserve de respecter les règles de sous-capitalisation (article 212 du CGI) pour les emprunts auprès d'associés ou de parties liées. Les intérêts des emprunts bancaires classiques sont intégralement déductibles. Cette déduction s'ajoute à l'amortissement comptable du bien, ce qui peut générer des résultats déficitaires reportables indéfiniment sur les bénéfices futurs de la SCI.
Les frais accessoires déductibles
- Les frais de dossier bancaire facturés par l'établissement prêteur.
- Les frais de garantie : inscription hypothécaire, mainlevée, caution (Crédit Logement, SACCEF).
- L'assurance emprunteur (décès, invalidité, perte d'emploi) liée au prêt immobilier locatif.
- Les agios et frais de découvert si le compte dédié à l'investissement locatif est débiteur.
- Les indemnités de remboursement anticipé (pénalités de 3 % du capital restant dû ou 6 mois d'intérêts).
- Les frais liés à la renégociation ou au rachat de crédit (frais de dossier du nouveau prêt, pénalités de l'ancien).
Les conditions de déductibilité
Pour être déductibles, les intérêts doivent se rapporter à un emprunt contracté pour l'acquisition, la construction, la reconstruction, l'agrandissement, la réparation ou l'amélioration d'un bien destiné à la location. Le lien entre l'emprunt et l'investissement locatif doit être direct et justifié. Un prêt personnel ou un prêt à la consommation utilisé pour financer un achat immobilier locatif n'est pas déductible sauf si le contribuable peut prouver l'affectation réelle des fonds à l'investissement.
Optimiser la déduction des intérêts
L'optimisation passe par plusieurs leviers. Allonger la durée du prêt augmente le montant total des intérêts déductibles (au prix d'un coût global plus élevé). Choisir un prêt in fine (remboursement du capital à l'échéance) maximise les intérêts déductibles chaque année puisque le capital n'est pas amorti. Le financement à 110 % (bien plus frais) permet de déduire les intérêts sur la totalité du financement. Enfin, la déduction de l'assurance emprunteur est souvent oubliée par les investisseurs.
Se faire accompagner
La déduction des intérêts d'emprunt obéit à des règles techniques qui varient selon le régime fiscal. Un expert-comptable ou un avocat fiscaliste peut optimiser la déduction et sécuriser la déclaration fiscale. Finalib vous met en relation avec des professionnels qualifiés pour maximiser la rentabilité nette de vos investissements locatifs.
Ce qu'il faut retenir
- Peut-on déduire les intérêts d'un prêt personnel utilisé pour un investissement locatif ?
- Les intérêts sont-ils déductibles au régime micro-foncier ?
- Peut-on déduire les intérêts d'un prêt in fine ?
- Les intérêts intercalaires pendant la construction sont-ils déductibles ?
Questions fréquentes
Mathieu Durand
Expert-comptable & fiscaliste, 15 ans d'expérience
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