La fiscalité des cryptomonnaies en France a considérablement évolué ces dernières années. En 2026, les plus-values sur actifs numériques sont soumises au PFU à 31,4 % (suite à la hausse de la CSG), avec une option possible pour le barème progressif. Les obligations déclaratives se sont renforcées, et les revenus de staking ou de DeFi obéissent à des règles spécifiques. Ce guide fait le point sur l'ensemble du dispositif fiscal applicable aux crypto-investisseurs.
Régime fiscal des plus-values crypto en 2026
Les plus-values de cession d'actifs numériques réalisées par des particuliers relèvent de l'article 150 VH bis du CGI. Le régime applicable :
- PFU (flat tax) : 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux = 31,4 % en 2026
- Option pour le barème progressif : possible si plus avantageux (contribuables à TMI 0 % ou 11 %)
La plus-value imposable se calcule selon la formule suivante : prix de cession - (prix total d'acquisition du portefeuille x prix de cession / valeur globale du portefeuille). Cette méthode dite du prix moyen pondéré global s'applique à l'ensemble du portefeuille, et non cession par cession.
Important : depuis la loi de finances pour 2024, le seuil d'exonération de 305 euros de cessions annuelles a été supprimé. Toute plus-value est désormais imposable dès le premier euro.
Fait générateur : quand est-on imposable ?
Tous les événements ne déclenchent pas l'imposition. Voici la distinction essentielle :
Opérations imposables :
- Cession d'actifs numériques contre une monnaie ayant cours légal (euros, dollars, etc.)
- Paiement d'un bien ou service en cryptomonnaie
- Cession de NFT contre une monnaie fiat
Opérations non imposables :
- Échanges crypto contre crypto (depuis la loi de finances pour 2024, confirmant la doctrine de 2023)
- Transfert entre ses propres wallets
- Achat de cryptomonnaies avec des euros
- Don de cryptomonnaies (le donataire reprend le prix d'acquisition du donateur)
Cette distinction est fondamentale pour la stratégie fiscale : il est possible de rééquilibrer son portefeuille (échanges crypto-crypto) sans déclencher d'imposition, et de ne réaliser les plus-values en euros que de manière contrôlée.
Obligations déclaratives : formulaires et sanctions
Les crypto-investisseurs doivent remplir deux obligations distinctes :
1. Déclaration des plus-values : formulaire 2086
Ce formulaire annexe à la déclaration 2042 détaille chaque cession imposable de l'année : date, prix de cession, prix d'acquisition pondéré, plus ou moins-value. Les moins-values sont imputables uniquement sur les plus-values de même nature de la même année (pas de report).
2. Déclaration des comptes d'actifs numériques à l'étranger : formulaire 3916-bis
Tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos sur une plateforme étrangère doit être déclaré. Sont concernées : Binance, Kraken, Coinbase, Bybit, KuCoin, et toute plateforme dont le siège est hors de France. Les sanctions en cas de non-déclaration :
- 750 euros d'amende par compte non déclaré
- 1 500 euros si la valeur du compte dépasse 50 000 euros
- Possibilité de majoration de 80 % sur les droits éludés en cas d'activité occulte
Depuis 2024, les plateformes régulées (PSAN enregistrés auprès de l'AMF) transmettent automatiquement les données de transactions à l'administration fiscale via le dispositif DAC8 (directive européenne).
Staking, lending, DeFi et airdrops
Les revenus passifs issus de l'écosystème crypto obéissent à un régime distinct des plus-values :
Staking et lending : les récompenses perçues (tokens reçus en contrepartie du verrouillage de crypto) sont imposées comme des bénéfices non commerciaux (BNC) au barème progressif de l'IR + prélèvements sociaux de 18,6 %. Le fait générateur est la mise à disposition des tokens. Le régime micro-BNC (abattement de 34 %, plafond 77 700 euros) s'applique si les recettes restent sous le seuil.
Airdrops : les tokens reçus gratuitement sont imposés à leur valeur au moment de la réception en BNC. Si vous les revendez ensuite, la plus-value éventuelle relève du régime des plus-values crypto (PFU 31,4 %).
DeFi (yield farming, liquidity providing) : les revenus générés suivent le régime BNC. La qualification exacte peut varier selon la nature de l'opération. En cas de doute, un rescrit fiscal auprès de l'administration est recommandé.
Mining : l'activité de minage relève des BNC (occasionnel) ou des BIC (professionnel). La distinction dépend du caractère habituel et des moyens mis en oeuvre.
FAQ
Les NFT sont-ils soumis au même régime fiscal que les cryptomonnaies ?
Oui. Depuis la loi de finances pour 2022, les NFT (tokens non fongibles) sont expressément assimilés à des actifs numériques au sens de l'article L. 54-10-1 du Code monétaire et financier. Les plus-values à la revente contre monnaie fiat sont soumises au PFU de 31,4 %. Toutefois, si le NFT est assimilé à une oeuvre d'art (cas rare, apprécié au cas par cas), un régime spécifique peut s'appliquer.
Comment optimiser sa fiscalité crypto en 2026 ?
Plusieurs leviers existent : réaliser ses plus-values les années où votre TMI est faible (et opter pour le barème), compenser les plus-values par des moins-values la même année (vendre des positions en perte avant le 31 décembre), privilégier les échanges crypto-crypto pour différer l'imposition, et utiliser le PEA ou l'assurance-vie pour investir via des ETF crypto éligibles. Pour une stratégie personnalisée, consultez [un conseiller fiscal sur finalib.fr](/experts).
Faut-il déclarer un compte sur une plateforme française comme Coinhouse ?
Non. Le formulaire 3916-bis ne concerne que les comptes détenus sur des plateformes établies à l'étranger. Les plateformes enregistrées comme PSAN en France (Coinhouse, Paymium, etc.) ne nécessitent pas de déclaration 3916-bis. En revanche, les plus-values réalisées via ces plateformes restent évidemment imposables et doivent figurer sur le formulaire 2086. Pour en savoir plus, consultez [notre guide sur le PFU](/blog/fiscalite).
Antoine Leroy
Analyste financier, certifié CFA Level II
L'équipe de rédaction Finalib s'appuie sur des experts certifiés pour vous fournir des conseils fiables et à jour en matière financière, juridique et patrimoniale.
Besoin d'un accompagnement personnalisé ?
Nos experts certifiés sont disponibles pour répondre à vos questions et vous guider dans vos démarches.
Consulter un expert