La Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) est entrée en vigueur au 1er janvier 2025 avec la loi de finances pour 2025. Elle instaure un taux d'imposition minimum de 20 % pour les contribuables dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Environ 24 000 foyers fiscaux sont concernés, pour un rendement estimé à 2 milliards d'euros sur la période 2025-2026 selon les données du ministère de l'Économie.
Qu'est-ce que la CDHR et pourquoi a-t-elle été créée ?
La CDHR répond à un constat : certains contribuables très aisés parviennent, grâce à l'accumulation de dispositifs fiscaux (niches fiscales, prélèvement forfaitaire unique à 30 %, abattements sur plus-values), à ramener leur taux effectif d'imposition bien en dessous de 20 %. Le Conseil des prélèvements obligatoires estimait en 2024 que les 0,1 % des foyers les plus riches avaient un taux effectif moyen de 26 %, mais certains descendaient sous les 10 %.
La CDHR vient compléter et remplacer l'ancienne Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CEHR) instaurée en 2012. Elle s'applique de manière temporaire, jusqu'à ce que le déficit public repasse sous la barre des 3 % du PIB, conformément aux engagements européens de la France.
Les seuils de déclenchement sont les suivants :
- 250 000 € de RFR pour un célibataire, veuf ou divorcé
- 500 000 € de RFR pour un couple marié ou pacsé en imposition commune
Comment se calcule la CDHR en 2026 ?
Le mécanisme de calcul est un différentiel : la CDHR correspond à la différence entre 20 % du revenu fiscal de référence et la somme des impôts déjà acquittés (impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, PFU). Si cette différence est positive, le contribuable doit la verser.
Formule : CDHR = max(0, 20 % × RFR – Impôts déjà payés)
Exemple concret : Un couple avec un RFR de 600 000 € ayant payé 90 000 € d'IR et de prélèvements sociaux. Le seuil de 20 % donne 120 000 €. La CDHR sera de 120 000 – 90 000 = 30 000 € supplémentaires.
Un mécanisme de lissage est prévu pour les revenus exceptionnels : les contribuables peuvent demander un étalement sur quatre ans des revenus inhabituels (plus-values de cession d'entreprise, indemnités de départ, etc.), ce qui permet d'atténuer l'impact de la CDHR sur une année donnée.
Qui est concerné et quels profils sont les plus touchés ?
Les profils principalement visés par la CDHR sont :
- Les dirigeants d'entreprise qui perçoivent d'importants dividendes soumis au PFU de 30 %
- Les investisseurs immobiliers bénéficiant de dispositifs de défiscalisation cumulés (Pinel, Malraux, déficit foncier)
- Les détenteurs de PEA volumineux dont les plus-values sont exonérées d'IR après 5 ans mais restent soumises aux prélèvements sociaux de 17,2 %
- Les bénéficiaires de plus-values mobilières importantes avec abattements pour durée de détention
Le point commun : un taux effectif global d'imposition inférieur à 20 % malgré des revenus élevés. La CDHR ne touche pas les contribuables dont le taux effectif est déjà supérieur ou égal à 20 %.
Comment anticiper et optimiser face à la CDHR ?
Plusieurs stratégies permettent de se préparer :
- Calculer son taux effectif : divisez le total de vos impôts (IR + prélèvements sociaux) par votre RFR. Si le résultat est inférieur à 20 %, vous êtes potentiellement concerné.
- Étaler les plus-values : reporter la cession d'actifs sur plusieurs exercices fiscaux pour lisser le RFR et rester sous les seuils.
- Arbitrer les enveloppes fiscales : privilégier l'assurance-vie (rachat partiel avec abattement après 8 ans) ou le PER pour réduire le RFR.
- Consulter un professionnel : un [avocat fiscaliste](/professions/avocat-fiscaliste) ou un [conseiller en gestion de patrimoine](/professions/conseiller-gestion-patrimoine) peut modéliser l'impact exact de la CDHR sur votre situation et proposer des ajustements.
Il est important de noter que la CDHR est déclarée et payée en même temps que l'impôt sur le revenu, sans démarche supplémentaire.
FAQ
La CDHR est-elle permanente ou temporaire ?
La CDHR est conçue comme une mesure temporaire. Elle restera en vigueur tant que le déficit public français dépassera 3 % du PIB. Le gouvernement prévoyait un retour sous ce seuil à l'horizon 2029, mais les projections budgétaires actuelles rendent cette échéance incertaine. En pratique, elle pourrait donc durer plusieurs années.
Les revenus exceptionnels sont-ils traités différemment ?
Oui, un système de lissage sur quatre ans (système du quotient) est prévu pour les revenus exceptionnels ou différés. Cela concerne notamment les plus-values de cession d'entreprise, les indemnités de rupture conventionnelle ou les rappels de salaires. Ce mécanisme évite qu'une année exceptionnelle ne déclenche artificiellement la CDHR.
Quelle différence entre la CDHR et l'ancienne CEHR ?
La CEHR (2012) appliquait un taux de 3 % au-delà de 250 000 € et 4 % au-delà de 500 000 € de RFR, sans tenir compte des impôts déjà payés. La CDHR fonctionne différemment : elle garantit un plancher de 20 % d'imposition effective en intégrant dans son calcul l'ensemble des impôts déjà acquittés. La CDHR est donc plus ciblée puisqu'elle ne frappe que les contribuables dont le taux effectif est réellement inférieur à 20 %.
Sophie Martin
Avocate fiscaliste
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