L'impôt sur les sociétés (IS) est le principal impôt qui frappe les bénéfices des entreprises en France. En 2026, le taux normal reste fixé à 25 %, un niveau stabilisé depuis 2022 après la trajectoire de baisse initiée par la loi de finances 2018. Pour les PME, un taux réduit de 15 % s'applique sur la première tranche de bénéfices, offrant un levier d'optimisation non négligeable. Voici tout ce qu'il faut savoir pour calculer, déclarer et optimiser votre IS cette année.
Les taux de l'IS applicables en 2026
Le barème de l'IS 2026 comporte deux tranches :
| Tranche de bénéfice | Taux | Conditions |
|---|---|---|
| 0 à 42 500 € | 15 % | PME (CA < 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à 75 %+ par des personnes physiques) |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % | Toutes sociétés soumises à l'IS |
Concrètement, une PME réalisant 100 000 € de bénéfice fiscal paiera : (42 500 × 15 %) + (57 500 × 25 %) = 6 375 + 14 375 = 20 750 € d'IS, soit un taux effectif de 20,75 %. Sans le taux réduit, l'IS serait de 25 000 € : l'économie est donc de 4 250 €.
La contribution sociale sur les bénéfices (CSB) de 3,3 % s'ajoute pour les entreprises dont l'IS dépasse 763 000 €. Seules les grandes entreprises sont concernées.
Comment calculer le bénéfice fiscal soumis à l'IS
Le bénéfice fiscal ne correspond pas exactement au résultat comptable. La formule est :
Bénéfice fiscal = Résultat comptable + Réintégrations extra-comptables − Déductions extra-comptables
Les principales réintégrations (charges non déductibles) incluent : les amendes et pénalités, les charges somptuaires (chasse, pêche, résidences de plaisance), l'amortissement excédentaire des véhicules de tourisme (plafond de 18 300 € ou 9 900 € selon les émissions CO2), et la fraction non déductible de la CVAE.
Les principales déductions comprennent : les plus-values à long terme taxées séparément, les dividendes perçus de filiales via le régime mère-fille (exonération à 95 %), et le report en avant des déficits (dans la limite de 1 M€ + 50 % du bénéfice excédentaire).
Cinq stratégies d'optimisation de l'IS en 2026
- Rémunération du dirigeant : la rémunération versée au dirigeant est déductible du bénéfice de la société. Arbitrer entre rémunération et dividendes permet de piloter la charge fiscale globale (IS + IR personnel).
- Provisions et charges à payer : provisionner les risques identifiés (litiges, créances douteuses, garanties) réduit le bénéfice imposable de l'exercice. La provision doit être probable et individualisée.
- Amortissements accélérés : certains investissements bénéficient d'un amortissement dégressif ou exceptionnel (logiciels sur 12 mois, imprimantes 3D, robots industriels). Les PME peuvent aussi pratiquer le suramortissement de 40 % sur certains équipements.
- Crédit d'Impôt Recherche (CIR) : le CIR représente 30 % des dépenses de R&D éligibles (jusqu'à 100 M€, puis 5 % au-delà). Le Crédit d'Impôt Innovation (CII) offre 20 % des dépenses d'innovation pour les PME, dans la limite de 400 000 €.
- Report des déficits : les déficits antérieurs sont reportables sans limitation de durée, dans la limite annuelle de 1 M€ + 50 % du bénéfice au-delà. Le report en arrière (carry-back) est limité à 1 M€ sur le bénéfice de l'exercice précédent.
IS ou IR : quand basculer à l'IS ?
L'IS devient généralement plus avantageux lorsque le bénéfice dépasse 30 000 à 40 000 €, car le taux de 15 % (puis 25 %) est inférieur aux tranches marginales de l'IR à 30 % ou 41 %. L'IS permet aussi de maîtriser le rythme de distribution des bénéfices : seuls les dividendes effectivement versés sont imposés à l'IR du dirigeant (flat tax de 30 % ou barème progressif sur option).
Attention toutefois : à l'IS, les bénéfices non distribués restent dans la société. La double imposition (IS + impôt sur les dividendes) doit être intégrée dans le calcul global. Un [expert-comptable](/experts?profession=expert-comptable) peut réaliser une simulation personnalisée pour déterminer le schéma optimal.
FAQ
Le taux réduit de 15 % s'applique-t-il automatiquement ?
Oui, le taux réduit s'applique de plein droit, sans formalité particulière, dès lors que les trois conditions sont remplies simultanément : chiffre d'affaires HT inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré, et capital détenu à 75 % ou plus par des personnes physiques (ou par des sociétés elles-mêmes détenues à 75 % par des personnes physiques).
Quelles sont les dates de paiement de l'IS en 2026 ?
L'IS se paie en quatre acomptes trimestriels (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre) calculés sur le bénéfice de l'exercice précédent. Le solde est versé au plus tard le 15 du 4e mois suivant la clôture (15 mai pour un exercice clos au 31 décembre). Les PME dont l'IS est inférieur à 3 000 € sont dispensées d'acomptes.
Peut-on cumuler le CIR avec le taux réduit de 15 % ?
Oui, le CIR s'impute directement sur l'IS dû, quel que soit le taux applicable. Si le CIR excède l'IS, l'excédent constitue une créance sur l'État remboursable au bout de 3 ans (immédiatement pour les PME au sens communautaire).
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Thomas Bernard
Expert-comptable, spécialiste TPE/PME
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