La facturation électronique devient progressivement obligatoire en France pour toutes les entreprises assujetties à la TVA. Initialement prévue en 2024, la réforme a été reportée et s'applique selon un calendrier en deux phases entre 2026 et 2027. Cette obligation, inscrite dans la loi de finances pour 2024 (article 91) et précisée par l'ordonnance du 15 septembre 2021, vise à moderniser les échanges entre entreprises, à lutter contre la fraude à la TVA et à simplifier les obligations déclaratives grâce au pré-remplissage automatique des déclarations.
Le calendrier de déploiement 2026-2027
La réforme s'articule en deux étapes. À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille, devront être en mesure de recevoir des factures électroniques au format structuré. Cette obligation de réception concerne aussi bien les grandes entreprises, les ETI, les PME que les micro-entrepreneurs. À compter du 1er septembre 2027, toutes les entreprises devront également émettre leurs factures au format électronique. Ce calendrier simplifié (deux dates au lieu des quatre initialement prévues) a été confirmé par le décret d'application publié fin 2024. Il s'accompagne d'une obligation de e-reporting : les transactions avec des clients non assujettis (B2C) ou des opérateurs étrangers devront faire l'objet d'une transmission de données à l'administration fiscale selon le même calendrier.
PPF ou PDP : les plateformes de transit
Les factures électroniques doivent transiter par une plateforme certifiée. Deux options existent. Le Portail Public de Facturation (PPF), opéré par l'AGIRC-ARRCO pour le compte de la DGFiP, sera accessible gratuitement et permettra d'émettre, recevoir et transmettre des factures au format structuré. Il offrira des fonctionnalités de base suffisantes pour les petites entreprises. Les Plateformes de Dématérialisation Partenaires (PDP) sont des opérateurs privés immatriculés par l'administration fiscale, offrant des services à valeur ajoutée : intégration comptable, rapprochement automatique, gestion des litiges, archivage légal, tableaux de bord. En 2026, plus de 70 PDP sont immatriculées (Chorus Pro, Cegid, Sage, Dext, Pennylane, etc.). Leur coût varie de 5 à 50 euros par mois selon le volume de factures et les fonctionnalités, avec des formules gratuites pour les très petits volumes (moins de 50 factures par an chez certains opérateurs).
Formats acceptés et mentions obligatoires
La facture électronique doit respecter l'un des trois formats structurés définis par la réglementation. Le format Factur-X (norme franco-allemande EN 16931) est un PDF hybride contenant une couche XML lisible par les machines et une couche PDF lisible par l'humain : c'est le format le plus accessible pour les TPE/PME. Le format UBL (Universal Business Language) est un standard XML international largement utilisé dans le e-commerce. Le format CII (Cross-Industry Invoice) est un standard XML UN/CEFACT. Les mentions obligatoires incluent le numéro SIREN de l'émetteur et du destinataire, le numéro de TVA intracommunautaire, l'adresse de livraison si différente de l'adresse de facturation, la mention du type d'opération (livraison de biens, prestation de services, mixte) et le numéro d'identification sur la plateforme de dématérialisation. Les factures papier et les PDF simples (non structurés) ne seront plus acceptés entre assujettis à la TVA à compter de septembre 2027.
Impacts concrets et préparation
Pour les entreprises, la transition implique plusieurs chantiers. La mise à jour du logiciel de facturation est la première étape : vérifier que l'outil actuel est compatible avec les formats structurés ou migrer vers une solution certifiée. Le choix de la plateforme (PPF ou PDP) doit être fait en amont du 1er septembre 2026 pour la réception. La fiabilisation des données (SIREN, adresses, numéros de TVA) est essentielle car les factures rejetées pour données incorrectes devront être corrigées et retransmises. L'avantage principal pour les entreprises est le pré-remplissage automatique des déclarations de TVA (CA3) par l'administration fiscale à partir des données collectées via les plateformes, ce qui réduira les erreurs et les risques de redressement. Un [expert-comptable](/experts?profession=expert-comptable) peut accompagner la transition technique et former l'équipe aux nouveaux processus.
FAQ
Un auto-entrepreneur est-il concerné par la facturation électronique ?
Oui, les micro-entrepreneurs assujettis à la TVA (franchise en base ou régime réel) sont concernés. Dès septembre 2026, ils devront pouvoir recevoir des factures électroniques. Dès septembre 2027, ils devront émettre leurs factures au format électronique. Les auto-entrepreneurs en franchise de TVA (en dessous du seuil de 37 500 euros pour les services ou 85 000 euros pour le commerce) sont soumis à l'obligation de e-reporting pour leurs transactions, même s'ils n'émettent pas de factures avec TVA.
Quel est le coût de la mise en conformité ?
Le PPF sera gratuit pour les fonctionnalités de base (émission et réception). Les PDP facturent entre 5 et 50 euros par mois selon le volume et les services. Pour une TPE émettant moins de 100 factures par an, le PPF gratuit ou une PDP d'entrée de gamme (5 à 10 euros par mois) suffisent. Pour une PME avec des volumes importants et un besoin d'intégration comptable, le budget se situe entre 20 et 50 euros par mois. Le coût de mise à jour du logiciel de facturation est variable : gratuit pour les solutions cloud déjà conformes, quelques centaines d'euros pour les mises à jour de logiciels on-premise.
Que se passe-t-il si une entreprise ne respecte pas l'obligation ?
Le non-respect de l'obligation de facturation électronique expose l'entreprise à une amende de 15 euros par facture non émise au format requis, plafonnée à 15 000 euros par année civile. Le défaut de e-reporting est sanctionné par une amende de 250 euros par transmission manquante, plafonnée à 15 000 euros par an. Au-delà des sanctions, le risque principal est le rejet des factures par les clients et l'impossibilité de récupérer la TVA déductible. Pour en savoir plus sur les obligations des entreprises, consultez notre rubrique [entreprise et création](/blog/categorie/entreprise-creation).
Antoine Leroy
Expert-comptable
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