Le Compte Épargne Temps (CET) est un dispositif qui permet aux salariés d'accumuler des droits à congé ou de convertir des jours de repos non pris en rémunération différée. En 2026, le CET reste un outil stratégique de gestion du temps et d'optimisation fiscale, notamment grâce à la possibilité de transférer des jours vers un Plan d'Épargne Retraite (PER). Voici tout ce qu'il faut savoir pour tirer le meilleur parti de votre CET cette année.
Fonctionnement du CET en 2026
Le CET est mis en place par accord collectif d'entreprise ou de branche (articles L. 3151-1 à L. 3155-3 du Code du travail). Il permet au salarié d'y affecter plusieurs types de droits :
- Jours de congés payés au-delà de la 5e semaine (les 24 premiers jours de congés annuels ne peuvent pas être placés sur le CET)
- Jours de RTT non pris
- Heures supplémentaires converties en repos compensateur
- Primes conventionnelles ou compléments de salaire, si l'accord le prévoit
Le plafond du CET est fixé par l'accord d'entreprise. En pratique, il se situe généralement entre 60 et 100 jours. À noter : les droits acquis sont garantis par l'AGS (Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés) dans la limite de 6 fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit environ 23 352 € en 2026.
L'employeur peut également abonder le CET selon les modalités prévues par l'accord. Le CET est portable : en cas de changement d'employeur, les droits peuvent être transférés si le nouvel employeur dispose également d'un CET.
Monétisation du CET : fiscalité et cotisations
Le salarié peut à tout moment demander la monétisation de tout ou partie des jours stockés sur son CET. Concrètement, chaque jour est converti en salaire brut sur la base de la rémunération applicable au moment du déblocage.
Sur le plan fiscal, les sommes monétisées sont soumises :
- À l'impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires
- Aux cotisations sociales (CSG, CRDS, cotisations de Sécurité sociale) au même titre qu'un salaire classique
Exemple chiffré : un cadre rémunéré 4 000 € brut/mois qui monétise 10 jours de CET perçoit environ 1 850 € brut (10 × 185 €/jour). Après prélèvements sociaux (~22 %) et IR (TMI 30 %), il conserve environ 1 010 € net. Ce n'est donc pas toujours la stratégie la plus avantageuse.
Transfert CET vers PER : la stratégie d'optimisation fiscale
C'est la stratégie la plus intéressante en 2026. L'article L. 3152-4 du Code du travail permet de transférer jusqu'à 10 jours par an du CET vers un PER (Plan d'Épargne Retraite) ou un PERCO.
Les avantages sont multiples :
- Exonération d'impôt sur le revenu sur les sommes transférées (dans la limite des 10 jours)
- Exonération de cotisations salariales de Sécurité sociale
- La CSG-CRDS reste due (9,7 %)
- Les sommes alimentent votre épargne retraite et bénéficient de la capitalisation à long terme
Simulation concrète : un salarié à 3 800 € brut/mois transfère 10 jours de CET vers son PER. Cela représente environ 1 760 € transférés. Économie d'impôt immédiate : 528 € (TMI 30 %). Sur 20 ans à 5 % de rendement annuel, ces 1 760 € deviennent environ 4 670 €. En répétant l'opération chaque année, le capital accumulé dépasse 58 000 € au bout de 20 ans.
Un [conseiller en gestion de patrimoine](/experts?profession=cgp) peut vous aider à optimiser cette stratégie en fonction de votre situation fiscale globale.
Utilisation du CET pour un congé ou une fin de carrière
Au-delà de la monétisation et du transfert vers un PER, le CET permet de financer des périodes d'absence :
- Congé sabbatique : le salarié utilise ses jours CET pour maintenir sa rémunération pendant un congé sans solde
- Congé de formation : complément de rémunération pendant un CPF de transition
- Cessation progressive d'activité : réduction du temps de travail en fin de carrière financée par le CET
- Départ anticipé à la retraite : utilisation du CET pour partir plus tôt tout en maintenant le salaire
La loi du 14 avril 2023 portant réforme des retraites a renforcé l'attractivité du CET en fin de carrière. Les jours accumulés permettent de compenser la décote pour les salariés qui n'ont pas tous leurs trimestres.
FAQ
Le CET est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?
Non. Le CET est un dispositif facultatif mis en place uniquement par accord collectif (accord d'entreprise ou de branche). L'employeur n'est pas tenu de le proposer. En 2026, environ 30 % des entreprises de plus de 50 salariés disposent d'un CET. Si votre entreprise n'en a pas, vous pouvez en suggérer la création auprès de votre CSE ou de la direction des ressources humaines.
Que deviennent mes jours CET si je quitte l'entreprise ?
En cas de rupture du contrat de travail (démission, licenciement, rupture conventionnelle), le salarié perçoit une indemnité compensatrice correspondant à la valeur des jours accumulés. Cette indemnité est soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. Si le nouvel employeur dispose d'un CET, un transfert des droits est possible par accord entre les parties. En cas de décès du salarié, les droits sont versés aux ayants droit.
Peut-on combiner CET et [épargne salariale](/blog/patrimoine-epargne) (PEE, intéressement) ?
Oui, les dispositifs sont complémentaires. L'intéressement et la participation peuvent être placés sur un PEE (exonération d'IR après 5 ans de blocage), tandis que le CET alimente le PER via le transfert de 10 jours/an. Cette combinaison permet de maximiser à la fois l'épargne à moyen terme (PEE) et l'épargne retraite (PER) tout en réduisant la pression fiscale. Un [expert-comptable](/experts?profession=expert-comptable) peut modéliser l'impact global sur votre imposition.
Antoine Leroy
Expert-comptable
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