L'assurance emprunteur représente en moyenne 25 à 30 % du coût total d'un crédit immobilier, soit le deuxième poste de dépense après les intérêts. Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, tout emprunteur peut résilier son assurance de prêt à tout moment, sans frais et sans délai de préavis. En 2026, cette liberté permet de réaliser des économies considérables en passant d'une assurance groupe bancaire à une délégation d'assurance externe, souvent deux à quatre fois moins chère à garanties équivalentes.
Le coût réel de l'assurance emprunteur en 2026
Le taux d'assurance groupe proposé par les banques varie selon l'âge et le profil de l'emprunteur. En 2026, les taux moyens constatés sont d'environ 0,34 % du capital initial pour un emprunteur de 30 ans, 0,38 % pour un emprunteur de 40 ans et 0,55 % pour un emprunteur de 50 ans. En délégation d'assurance (contrat individuel souscrit auprès d'un assureur externe), ces taux descendent respectivement à environ 0,08 %, 0,12 % et 0,22 %. Sur un prêt de 250 000 € sur 25 ans, l'économie peut atteindre 15 000 € pour un trentenaire, 12 000 € pour un quadragénaire et 8 000 € pour un quinquagénaire. Ces montants ne sont pas théoriques : ils correspondent à l'écart réel entre les tarifs groupe et les meilleurs contrats individuels du marché.
La loi Lemoine : résiliation à tout moment
Depuis le 1er juin 2022, la loi Lemoine permet à tout emprunteur de changer d'assurance de prêt à tout moment, dès le lendemain de la signature de l'offre de prêt, sans attendre une date anniversaire. La procédure est simple : vous souscrivez un nouveau contrat présentant des garanties au moins équivalentes à celles exigées par la banque, puis vous envoyez une demande de substitution à votre banque. Celle-ci dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser. Le refus n'est possible que si le nouveau contrat ne respecte pas l'équivalence des garanties, et la banque doit motiver son refus de manière précise et détaillée. En cas de refus abusif, l'emprunteur peut saisir le médiateur de l'assurance ou l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution).
Les garanties à vérifier avant de changer
L'équivalence des garanties est le critère clé pour que la banque accepte la substitution. Les garanties standard exigées sont : le décès, la PTIA (Perte Totale et Irréversible d'Autonomie), l'ITT (Incapacité Temporaire Totale de travail) et l'IPP/IPT (Invalidité Permanente Partielle ou Totale). Pour chaque garantie, vérifiez les définitions retenues par le contrat : certains assureurs couvrent l'ITT sur la base de l'impossibilité d'exercer "sa" profession, d'autres seulement "toute" profession, ce qui est nettement moins protecteur. Vérifiez également les délais de franchise (généralement 90 jours pour l'ITT), les exclusions (sports à risque, maladies préexistantes) et la durée de couverture. La fiche standardisée d'information (FSI) remise par la banque lors de la souscription du prêt détaille les critères d'équivalence exigés. Un [courtier en crédit](/experts?profession=courtier-en-credit) peut comparer les contrats et gérer la procédure de substitution pour vous.
Droit à l'oubli et questionnaire médical
La loi Lemoine a également instauré le droit à l'oubli renforcé : les anciens malades du cancer et de l'hépatite C n'ont plus à déclarer leur pathologie 5 ans après la fin du protocole thérapeutique (contre 10 ans auparavant). De plus, pour les prêts immobiliers dont la part assurée est inférieure à 200 000 € par personne et dont le remboursement intervient avant le 60e anniversaire de l'emprunteur, aucun questionnaire médical ne peut être exigé. Cette suppression du questionnaire de santé facilite l'accès à l'assurance pour les personnes présentant un risque aggravé de santé et réduit les surprimes qui pouvaient atteindre 100 à 300 % du tarif standard.
FAQ
Ma banque peut-elle refuser le changement d'assurance ?
Oui, mais uniquement si le nouveau contrat ne présente pas des garanties équivalentes à celles exigées dans l'offre de prêt. La banque doit motiver son refus par écrit, en précisant les critères d'équivalence non respectés, dans un délai de 10 jours ouvrés. Si elle ne répond pas dans ce délai, son silence vaut acceptation. En pratique, les refus abusifs ont fortement diminué depuis que l'ACPR a renforcé ses contrôles en 2023-2024.
Quand est-il le plus rentable de changer d'assurance ?
Le plus tôt possible. Les économies sont maximales en début de prêt, car l'assurance est calculée sur le capital restant dû (pour les contrats en capital restant dû) ou sur le capital initial (pour les contrats groupe). Sur un prêt de 25 ans, changer d'assurance dans les 5 premières années permet de capter environ 60 à 70 % de l'économie totale réalisable. Toutefois, un changement reste intéressant même en cours de prêt : [simulez votre économie potentielle](/simulateurs) pour évaluer le gain dans votre situation.
Faut-il passer par un courtier pour changer d'assurance ?
Ce n'est pas obligatoire, mais c'est recommandé. Un courtier en assurance de prêt compare les offres de plusieurs assureurs, vérifie l'équivalence des garanties avec les exigences de la banque et se charge des démarches administratives de substitution. Sa rémunération est généralement intégrée dans la prime d'assurance ou facturée sous forme de frais de courtage (200 à 500 €), largement compensés par les économies réalisées sur la durée du prêt.
Mathieu Durand
Courtier
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